Le dirigeant de Bastide Le Confort Médical s'inquiète d'une baisse tarifaire dans le respiratoire
« Injuste, disproportionnée et unilatérale. » Vincent Bastide, dirigeant du prestataire médical Bastide Le Confort Médical (3 000 salariés, 150 magasins, CA : 382 M€, siège à Caissargues – 30), ne mâche pas ses mots pour commenter le projet de baisse tarifaire, de l'ordre de 11 %, sur les appareils destinés aux patients souffrant d’apnée du sommeil. Recommandé par le Comité économique des produits de santé qui fixe les tarifs des dispositifs médicaux pris en charge par l’assurance maladie, ce coup de rabot impacterait directement les professionnels du secteur, que Vincent Bastide estime déjà soumis à des conditions peu favorables. « Nous sommes les seuls à être payés à la performance : quand un patient est appareillable, la durée de l’utilisation de sa machine conditionne le prix du remboursement », explique-t-il à La Lettre M.
Si Vincent Bastide est si mécontent, c'est aussi parce qu'il s’inquiète de l’impact potentiel de cette mesure sur la réalisation de futurs investissements. « Nous amortissons sur quatre ans les machines que nous achetons, si l’État en baisse le prix de 11 %, la durée d’amortissement en sera rallongée. Comment convaincre les banques de continuer à nous prêter des fonds avec des prix qui ne cessent de bouger. » Et de pointer le timing discutable de cette potentielle mesure alors que les professionnels de la prise en charge des maladies chroniques, notamment respiratoires, sont mis à contribution depuis le début de la crise sanitaire.
Plusieurs réunions programmées
Ce coup de rabot - dont l’objectif est de réaliser 50 M€ d’économies pour l’État - n’est toutefois pas encore acté, « une réunion est prévue le 12 mars entre le Comité et la direction générale de la sécurité sociale, une autre suivra courant mars avec le cabinet du ministre de la Santé ». Si la mesure est entérinée, Vincent Bastide espère, a minima, qu'un échéancier précis de la baisse tarifaire sera communiqué afin de permettre aux professionnels du secteur de s'y préparer. 40 000 emplois en France sont mobilisés pour la prise en charge de la dépendance et des maladies chroniques à domicile, dont 8 à 10 000 pour l’apnée du sommeil. Au premier semestre de l’exercice en cours, l’activité « respiratoire » représentait un CA de 53,6 M€ en hausse de 11,7 %.










