L’action du commissaire au redressement productif du Languedoc-Roussillon depuis juillet 2012, aurait permis de préserver 1 146 emplois dans la région, selon un bilan présenté ce matin, en présence du préfet de région, à Montpellier. Au 1er mai, 4 597 emplois étaient menacés, selon ce bilan, dont 2 182 dans l’Hérault, 1 401 dans l’Aude, 693 dans le Gard, 279 dans les P.-O. et 42 en Lozère. L’essentiel des emplois préservés par l’action de Pascal Theveniaud sont dans le Gard (877). Fonctionnaire de la Direccte, Pascal Theveniaud fait partie des 22 commissaires nommé en juillet 2012 par le ministère du Redressement productif, dirigé par Arnaud Montebourg, pour animer une cellule régionale de veille et d’alerte, et soutenir les entreprises en difficulté.
Problèmes de financement
« Les entreprises font face à trois types de difficultés récurrentes, selon Pascal Theveniaud : l’accès au financement, l’accès aux marchés, et l’accès aux compétences ». Le financement concerne « la moitié des sujets » évoqués par les entreprises qui ont fait appel au commissaire en L.-R. , qu’il s’agisse de problèmes de relations avec les financeurs, de l’insuffisance de fonds propres, ou de dettes fiscales et sociales. « L’une des missions de la Banque publique d’investissement sera de simplifier les outils à la disposition des entreprises en servant de guichet unique », se réjouit Pascal Theveniaud. Concernant les problèmes fiscaux et sociaux, il exhorte les entreprises à surmonter leurs inhibitions et à s’adresser aux services concernés « avant qu’il ne soit trop tard », rappelant que la Commission départementales des chefs des services financiers (CCSF) pouvait accorder des reports. Il regrette également que « les procédures amiables de prévention, comme le mandat ad’hoc ou la conciliation, soient trop peu connues et trop peu utilisées », et demande aux tribunaux de commerce de « faire plus de communication sur ces outils ».
Attention aux « sauveurs »
Autres difficultés rencontrées par les entreprises régionales : « la perte de clients ou de marchés essentiels », « les difficultés pour répercuter les hausses de coût », ou encore celles relatives à l’accès aux marchés publics. « Diversifiez votre portefeuille de clients et de produits », recommande Pascal Theveniaud aux chefs d’entreprise. Concernant la recherche de repreneurs, il constate qu’elle est « encore plus difficile en période de crise ». « La Scop n’est pas la solution universelle », assure-t-il. Même s’il estime que le projet de Scop pour la reprise des activités Multitec (Pérols) lui paraissait opportun : « elle remplit deux conditions essentielles : des marchés à la clé, et une équipe de repreneurs compétente ». Il dénonce, par ailleurs, l’intervention dans plusieurs dossiers de prétendus « sauveurs » qui « sont rarement des chevaliers blancs ».