Languedoc-Roussillon
Finances
Languedoc-Mutualité : conflit au sommet
Deux camps continuent de s’affronter au sommet du groupe mutualiste régional
(128 M€ de CA, 2 135 salariés). D’un côté, les opposants à l’ancien président, Paul Bernard, 75 ans. Après avoir « démissionné d’office » l’ancien préfet de région pour cause de dépassement de la limite d’âge, le 22 février, ils ont désigné son successeur jeudi 10 mars : Pierre Delort, 73 ans, président d’Eovi Languedoc-Mutualité, a été élu président de la mutuelle, par 14 voix pour, et une abstention, lors d’un conseil d’administration réuni au siège du groupe à Montpellier. De l’autre, la majorité des délégués des 28 mutuelles qui composent le groupe. Menés par Max Hermet, 51 ans, président de la Mutuelle de Vendargues, ils se sont réunis samedi 12 mars en assemblée générale, au Corum de Montpellier. Rassemblant 80 délégués sur 132, l’AG a élu un nouveau conseil d’administration, ne conservant que sept administrateurs de l’ancienne équipe, et en nommant 10 nouveaux. « Nous avons appliqué les règles d’âge et de représentation des mutuelles », explique Max Hermet, lui-même nouvel administrateur du groupe, et candidat à sa présidence, le 30 mars prochain. En toile de fond du conflit qui agite le groupe : la fusion de la branche mutuelle au sein d’une entité inter-régionale, Eovi. « Sommes-nous obligés de nous adosser à un grand groupe ? Oui », répond Max Hermet, qui se pose en défenseur des mutuelles de base. « Mais pas forcément Eovi ». Selon lui, la négociation avec Eovi « a été menée par trois personnes qui n’ont pas rendu le moindre compte. Eovi veut absorber les mutuelles de base. Mais nous, nous ne voulons pas disparaître ». Il se dit d’autant plus attaché à la Mutuelle de Vendargues, qu’il préside, qu’elle a « été fondée par (son) arrière-arrière grand-père ».
Action devant le TGI
Pierre Delort, qui se considère comme le président légitime du groupe, conteste, avec ses partisans, la légitimité de l’AG du 12 mars. « Nous allons poursuivre notre action en justice, devant le tribunal de grande instance, pour faire annuler cette assemblée générale », explique l’ancien directeur de la MSA de l’Hérault, qui a cherché, sans succès, à faire annuler sa tenue, en référé. Il s’étonne, au passage, que les délégués n’aient pas voté en faveur de la révocation du CA, tout en élisant un nouveau conseil. Et annonce que, quelle que soit la décision du TGI, il ne sera qu’un président de transition. « Étant donné mon âge, je ne resterai pas en poste au-delà du 1er juillet », promet-il. « D’ici là, je veux remplir trois objectifs : réunir l’assemblée générale de toutes nos mutuelles, le 15 avril, qui doit approuver le transfert à Eovi de notre activité dépendant du livre 2 (les mutuelles) ; organiser les 26 et 27 mai le congrès de la fédération nationale des mutuelles interprofessionnelles, qui rassemblera 700 personnes au Corum ; et essayer de ramener le calme dans notre institution en mettant en place un système de gouvernance qui nous permette de mettre fin à ces turbulences ». Concernant la fusion avec Eovi, Pierre Delort assure que « tous les satisfecits ont été donnés aux délégués », et il insiste sur le fait qu’elle ne concerne « que la partie mutuelle, et non les établissements de soin, qui resteront gérés par Languedoc-Mutualité ».










