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Agri - Agro
| 13/02/2019

L'abattoir d'Alès en difficulté, la filière viande s'inquiète

La crainte d’une fermeture de l’abattoir d’Alès. Début février, le directeur comparaissait devant le tribunal de police pour « installations et équipements non conformes », après la diffusion en octobre 2015 d’une vidéo de l’association L214 dénonçant des infractions et des mauvais traitements d’animaux (la première d’une longue série). Et 2.250 euros d’amende ont été requis. Fermé pendant deux mois, fin 2015, l’abattoir périclite. « La situation financière de l’abattoir est catastrophique, a déclaré Max Roustan, maire LR d’Alès, la semaine dernière en conseil municipal. En 2018, la production a été de 2 600 tonnes, soit la moitié de 2015. » Alès Viande, l’un des gros clients de l’abattoir, est actuellement en redressement judiciaire.

Le déficit de l'abattoir (30 salariés) dépasse 600 000 € en 2017, et accuse une dette cumulée de 3 M€, indique une source proche. La Ville d'Alès, qui a déjà investi 2,5 M€, ne souhaite pas poursuivre seule l'effort financier.
« Il faut entre 1 et 2 M€ pour assainir les comptes et financer d'autres investissements », ajoute cette source. Après que le Département du Gard et la Région Occitanie se sont désengagés depuis la vidéo de L214, le maire d'Alès semble agiter la menace de la fermeture pour susciter une réaction des autres collectivités.

Vente directe. D’après Luc Hincelin, éleveur ovin et président de la commission élevage à la chambre d’agriculture du Gard, la possible fermeture de l’abattoir d’Alès menacerait 500 emplois, entre les transformateurs et les éleveurs. « La plupart des éleveurs gardois ont misé sur la vente directe, en utilisant la salle de découpe de l’abattoir, précise-t-il. Sans abattoir, c’est pour eux la fin de la vente directe, qui permet de valoriser correctement les animaux. » Il regrette un désengagement progressif des collectivités locales, « seule la Ville d’Alès jouant encore le jeu ». Mais depuis fin 2015, « les bouchers gardois se fournissent de plus en plus chez des grossistes, lesquels se sont détournés vers d’autres abattoirs lorsque celui d’Alès a été fermé », explique Bernard Lacroix, président du syndicat des bouchers du Gard. Ces autres abattoirs ont fait signer des contrats pluriannuels à ces nouveaux clients, ce qui a fait baisser le tonnage à Alès. Autre mauvaise nouvelle : d’après une source proche, l’enseigne nationale Bigard pourrait fermer son site de Nîmes (Gard), qui emploie une vingtaine de salariés et travaille avec l’abattoir d’Alès, pour se concentrer sur Montpellier et Avignon.

La filière viande interpelle les consommateurs, en s’appuyant sur les récentes affaires d’importation de viande étrangère (Pologne). « La viande française fait l’objet d’une traçabilité optimale, conclut Bernard Lacroix. En plus des lois européennes, le législateur français en remet une couche. En achetant une viande d’origine française, le consommateur a toutes les garanties de sécurité alimentaire. »

Hubert Vialatte / vialatte@lalettrem.net
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