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Région Occitanie
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Tourisme - Loisirs
| 20/01/2017

La Région veut son parc d'attraction

Projet de Center Parcs en Lot-et-Garonne, imminence d’un Parc Spirou dans le Vaucluse, existence de Vulcania en Auvergne ou de Port Aventura en Catalogne : l’Occitanie est cernée de parcs d’attraction... et n’en a aucun. Malgré de nombreux projets morts-nés ces dernières années - jeux vidéos dans le Gard, parc médiéval à Carcassonne… -, et malgré son potentiel démographique et touristique. Carole Delga veut favoriser l’implantation d’un parc d’attraction dans la région pour booster la destination Occitanie. Plusieurs groupes privés spécialisés vont être approchés dans les prochains mois : CDA Parks (Compagnie des Alpes, filiales de la Caisse des Dépôts), Parques Reunidos, Aspro Parks, Investindustrial. Si rien n’est encore amorcé d’un point de vue opérationnel, l’ambition politique est là, et la chef de l’exécutif régional se dit pressée : « c’est un projet pour la 2me partie du mandat, indique-t-elle le 19/1. L’Occitanie est, avec la partie sud de la Nouvelle-Aquitaine, la seule région de France à ne pas avoir de parcs d’attraction. » Il y a d’après l’élue un vrai manque, « d’autant plus que le territoire coche toutes les cases : zone de chalandise, infrastructures routières, ferroviaires et aéroportuaires, soleil, foncier, attractivité ».

Qu’en pensent les privés ? Le consultant Éric de Bettignies, à la tête du cabinet de conseil en stratégie parisien Advancy, qui a participé au lancement d'Eurodisney et du Parc Astérix, souligne les difficultés liées à ce type d'opération. « La première question à se poser est celle du nombre de visiteurs attendus. Si la jauge est fixée à 2 M, l'investissement minimal sera de 200 M€, 300 M€ pour 3 M de visiteurs. Et le ticket moyen ne dépassera pas 25 € dans le meilleur des cas, sauf si une offre hôtelière est adossée au parc. La Région Occitanie va devoir apporter des garanties aux partenaires privés qui souhaiteront s'impliquer dans ce projet, en apportant le foncier et en sécurisant l'investissement du ou des opérateurs. Pour un parc à thème, il faut compter au minimum un foncier de 20 ha proche des grandes infrastructures de transport », résume-t-il.
Mickaël Couzigou, directeur des sites nîmois des Arènes, de la Maison Carrée et de la Tour Magne pour le compte de Culturespaces (gestion de musées et monuments), milite pour la création d'un parc thématique autour du concept de la romanité. Quelques millions d'euros suffiraient.« Il vaut mieux faire quelque chose de plus petit, mais de réaliste », lance-t-il, insistant sur les difficultés financières que connaissent la plupart des parcs à thème français.

Mais, pour Carole Delga, un grand parc à thèmes serait à même d’optimiser les retombées économiques sur le territoire, « encore trop faibles en matière de tourisme. Les touristes viennent en masse, mais ne restent pas assez longtemps, ne consomment pas assez ». Si elle n’a pas arrêté un thème, elle penche pour un concept « ludico-éducatif ». Une note de la Région fait état d’un parc axé sur les 5 éléments - terre, eau, feu, vent, espace. L’élue promet en tout cas que la collectivité sera motrice pour stimuler les investisseurs, en proposant par exemple un parc à énergie positive.

Hubert Vialatte / vialatte@lalettrem.net
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