La fonderie automobile Sam au bord de la fermeture
La sentence est tombée. Le 23 novembre, Renault a annoncé son choix de ne pas soutenir l'offre de reprise portée par Patrick Bellity, actuel patron du groupe Alty et de sa filiale Sifa Technologies, à Orléans, et unique candidat à la reprise de Sam. Cette fonderie automobile avait été reprise en 2017 par le groupe chinois Jinjiang avant d'être placée en redressement judiciaire en décembre 2019 puis en liquidation judiciaire avec maintien de l'activité jusqu'au 10 décembre. Le 19 novembre dernier, le tribunal de commerce de Toulouse avait laissé un délai de trois jours à Renault, principal client de la fonderie et clé de voûte de toutes les négociations, pour se prononcer sur le volume d'affaires que le constructeur pourrait octroyer à l'offre de Patrick Bellity. Patron de la Sam pendant 18 ans (jusqu'en juin 2016), ce dernier avait fait une première offre de reprise en juillet, balayée par Renault, qui pointait déjà la fragilité financière de cette proposition. En revanche, la seconde offre qu'il avait déposée comportait des promesses financières de l'État et de la Région Occitanie pour un montant total de 9 M€ sous la forme de prêts et de subventions. Mais malgré ce tour de table, Renault en a décidé autrement. « Une analyse approfondie du dossier ne confirme pas les hypothèses de chiffre d’affaires présentées dans cette offre, (qui) ne présente pas les conditions de pérennité et de sécurité nécessaires pour l’entreprise et ses salariés », explique le constructeur. Le groupe assure qu'il « poursuivra le dialogue avec les salariés de Sam afin de leur proposer des solutions alternatives d’emploi au sein de Renault Group ».
Une réponse qui « condamne l'usine »
« C'est de la foutaise, fulmine Patrick Bellity. Le groupe va envoyer les salariés en Turquie ou en Roumanie ? Vous pensez qu'ils vont aller travailler à Flins ? Je vais passer de l'abattement à la colère. Je n'arrive pas à y croire, surtout quand je vois l'argent dépensé pour venir en aide à Renault. » Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, ne cache pas son indignation. « Nous nous sommes tous impliqués, salariés, élus locaux, Région, État, pour sauver la fonderie et ses emplois. La réponse apportée par Renault est irresponsable et destructrice : elle condamne l'usine et ses activités », regrette-t-elle. La CGT, unique organisation syndicale de Sam, est « scandalisée ». « Nous avons appris auprès de BFM la décision de Renault. Les administrateurs judiciaires ne nous ont même pas prévenus. C'est du mépris affiché pour les salariés, leur famille et le territoire », enrage Ghislaine Gistau, déléguée syndicale CGT. La fermeture de la fonderie est désormais très sérieusement envisagée. Le 26 novembre, le tribunal de commerce de Toulouse, dans son délibéré, a fixé une nouvelle audience au xxx pour prolonger l'activité pour une durée de trois mois ou pour la liquider.










