Aude
BTP
La filière du bâtiment audois au pied du mur

Lors de la 16e convention de la fédération du bâtiment de l’Aude, les professionnels du secteur ont dénoncé une baisse de plus de 30 % des marchés, un risque élevé de disparition d'emplois, et leur inquiétude pour 2012 si la commande publique ne relance pas la production.
2 000 emplois pourraient disparaître
« L’ambition de la fédération est de se projeter sur une période de 5 à 10 ans. Même si je salue le plan de relance de 2009, je déplore aujourd’hui l’incertitude dans laquelle nous sommes plongés et ses conséquences sur nos entreprises et l’emploi. 2 000 emplois pourraient disparaître dès 2012 » déclare à La Lettre M, André Tiquet, président de la fédération du bâtiment de l’Aude, à l’occasion de la 16e convention, qui s’est tenue le 18 novembre. « Il y a un mois, François Fillon nous disait que la TVA à 7 % était un contresens. À cela s’ajoute l’arrêt de la loi Scellier, c’est une catastrophe. On va se battre, sinon c’est la mort de nos entreprises. » Le président de la FFB 11 est convaincu « que les années à venir vont être difficiles. Pour assurer leur pérennité, les entreprises devront réduire la voilure, maîtriser leur chiffre d’affaires et maintenir leurs marges… »
4 à 5 mois de visibilité
Les entreprises audoises du bâtiment annonce une visibilité de leurs carnets de commande « de 4 à 5 mois ». « La visibilité des marchés s’atténue avec la crise alors que le marché s’est contracté de 32,8 %. On note en parallèle, une progression de 2,8 % de la masse salariale », dénonce André Tiquet. La production départementale semble avoir atteint un plancher. « Les mises en chantier se stabilisent à 2990 logements en un an quand le non résidentiel est en progression. L’entretien-amélioration semble aussi se maintenir. Le volume d’activité ne baisse plus mais il reste pour le moment à un faible niveau et les autorisations ne décollent pas. Elles sont pourtant notre activité future », explique-t-il.
Appel à la commande publique
Face à ces constats, André Tiquet a fait appel à la commande publique à travers la présence d’André Viola, président du conseil général et de Patrick Maugard, maire de Castelnaudary et président de l’association des maires de l’Aude. Alors qu’il combat les offres de marché low-cost, il pense qu’« il faut décrisper les maires de certaines communes et les collectivités territoriales. Il faut que la commande publique joue son rôle et entraîne la commande privée.» Les prévisions de production des bailleurs sociaux en 2012, ne sont guère plus réjouissantes selon lui. Pourtant, « avec CILGERE, nous structurons et musclons le dernier collecteur Action logement spécifiquement audois, afin de continuer à soutenir les projets des bailleurs sociaux » montrant ainsi, la volonté du secteur de s’engager dans le logement social. Le président de la FFB 11, a aussi taclé le secteur bancaire car « 40% des entreprises reconnaissent avoir des problèmes de trésorerie ». « Je comprends le système Bâle III, auquel sont soumises les banques. Mais la Loi LME a ponctionné de 10 jours nos trésoreries. C’est toute l’économie qui est plombée ».










