La CRC pointe un retard d'investissement de la commune de Balma
La commune de Balma, économe, pêche-t-elle par excès de zèle ? C'est le constat que fait la chambre régionale des comptes dans un rapport définitif portant sur les exercices 2014 et suivants rendu public. Selon la CRC, la commune n’aurait pas assez rapidement réalisé ses investissements (11 M€ en 2019, 9,8 M€ en 2020) alors qu’elle « dispose de marges de manœuvre (fonds de roulement élevé, faible endettement) qu’elle aurait pu mobiliser plus tôt afin de relancer le cycle d’investissement dans un contexte de forte croissance démographique de la population (+ 2565 résidents entre 2011 et 2016) ». Est pointée par la CRC une stratégie de maîtrise de l’urbanisation déployée depuis 2014 par la commune, « en limitant les objectifs de construction de logements et la progression des zones urbanisables, et en préservant les espaces naturels et agricoles communaux ».
Des investissements en fonction « de (la) capacité à faire des économies »
La Chambre cite en exemple le secteur de la petite enfance pour lequel la commune a limité la programmation des nouveaux équipements à un seul groupe scolaire, dont la construction a été engagée en 2019 pour un montant de 8 M€. Pourtant, « un audit externe reposant sur une hypothèse d’augmentation de la population scolaire de 51 % d’ici 2026 a estimé un besoin de 32 classes d’ici 2026, et de 50 classes d’ici 2031, correspondant à la construction de deux groupes scolaires supplémentaires et à la rénovation-extension de deux autres », cite la CRC. Le coût de ces opérations de construction est évalué entre 27 M€ et 36 M€. « C’est méconnaître notre stratégie, bien qu’on l'ait transmise », rétorque à la Lettre M le maire Vincent Terrail-Novès, élu depuis mars 2014 ( Ex Les Républicains) qui met en avant une gestion rigoureuse. « Nos investissements, nous les avons réalisés en fonction de notre capacité à faire des économies. On nous reproche de ne pas les avoir utilisées plus tôt, mais encore fallait-il les faire ces économies ! Nous avons ensuite pu financer notre plan d’investissement pluriannuel et le faire débuter à la fin du mandat précédent avec, entre autres, la construction du cinquième groupe scolaire (8 M€), celle de la maison de quartier à Vidailhan (1,4 M€) et le plan de circulation à vélo ».
En 2021, la commune prévoit « un pic de 11,8 M€ d'investissement », comme le pointe encore la CRC, « compte-tenu des reports des opérations déjà en cours dus à la crise sanitaire mais aussi de la nécessité d’anticiper pour tenir compte des délais inhérents à la réalisation des projets ». « On a construit moins que prévu et la crise sanitaire est venue ralentir fortement le rythme de l’urbanisation », confirme le maire. Par ailleurs, la juridiction incite également la commune à professionnaliser sa gestion des ressources humaines en renforçant le système d’information effectif depuis 2013. « L’objectif étant d’améliorer prioritairement le suivi des effectifs et leur traduction budgétaire, de disposer d’un document de référence déterminant une stratégie pluriannuelle de pilotage », précise la chambre. Des précisions « techniques » dont prend acte le maire qui note surtout que la Chambre n'a relevé, au final,« aucun abus, ni dérive politique ».










