La compétitivité autrement.
Intéressante coïncidence de l’actualité… D’un côté, l’Assédic Midi-Pyrénées dévoile la semaine dernière les résultats de son enquête BMO (Besoin en Main d’œuvre) qui fait apparaître plus de 58 000 projets de recrutement pour cette année dans notre région, en hausse de plus de 8%. Très bien. Mais cette enquête révèle aussi l’amplification d’un problème récurant : la difficulté à embaucher (pour 52% des cas), à trouver les compétences dont on a besoin en dépit d’un chômage encore élevé. Une mauvaise adéquation de l’offre et de la demande soulignée régulièrement dans des secteurs comme le bâtiment et l’hôtellerie, mais aussi, en Midi-Pyrénées, dans celui de la mécanique.
De l’autre côté, Martin Hirsch, Haut commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté (et ex-président d’Emmaüs), demande à l’UIMM de consacrer sa fameuse cagnotte de 640 M€ à un projet social innovant susceptible, notamment, de multiplier les compétences répondant aux attentes des entreprises, en particulier par une action sur la formation.
Au-delà du tollé officiel qui a suivi cette déclaration, il semble pourtant qu’un certain nombre de patrons ne trouve pas cette idée si inconvenante que cela… Et pour cause : elle a déjà été expérimentée dans d’autres pays, où l’on paie peut-être un peu moins de charges sociales, mais où les entreprises financent de puissantes fondations qui poussent des projets sociaux, en partenariat avec des chercheurs et des syndicats. En France, tout reste à faire.
Et si on sortait des schémas traditionnels en matière de contribution sociale, de formation et de lutte contre la précarité, en investissant autrement dans la compétitivité ?
Christian de Montmagner
cdemontmagner@depechemag.com










