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Languedoc-Roussillon
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BTP
| 12/09/2013

Journées du Patrimoine : Py, histoire d’un savoir-faire

À l’occasion des Journées du Patrimoine, ce week-end, La Lettre M zoome sur l’entreprise Py (Saleilles), qui rénove les monuments historiques de l’Aude et des Pyrénées-Orientales. Spécialisée dans les métiers de la taille de pierre, la maçonnerie traditionnelle et la charpente-couverture, Py (Fondeville) emploie 47 salariés, pour un CA 2012 de 3,8 M€. Chaque marché est unique. Il y a le marbre rouge du prieuré de Serrabone (massif du Canigou), construit au XIe siècle. « Ce matériau local n’est plus exploité aujourd’hui. La rénovation du prieuré consiste à recréer quelque chose qui n’existe plus », s’amuse Fabrice Bouley, directeur. Py collabore ainsi avec des laboratoires de recherche pour se rapprocher au plus près des matériaux utilisés à l’époque. Il y a aussi le fort militaire de Mont-Louis, qui culmine à 1 700 mètres d’altitude. Avec ses 6 km de remparts en granit, « ce fort est en perpétuelle restauration, à raison d’environ 350 000 € par an, explique Didier Corbel, directeur délégué de Fondeville. Nous travaillons dessus depuis 25 ans, qu’il gèle ou qu’il vente ! » Il y a enfin… les colonies de chauves-souris, découvertes dans les cavités du château de Salses et du fort de Villefranche-de-Conflent. Ces deux gros chantiers (800 000 €) sont pour l’instant bloqués.

Main-d’œuvre ultra -qualifiée

La force de l’entreprise : le potentiel de sa main-d’œuvre. « Les ouvriers du BTP classique représentent 30 % du prix de vente. À Py, c’est 70 % », résume Didier Corbel. L’excellence est de mise : emploi de matériaux locaux (pierre, terre cuite, brique locale dite ‘cayrou’) et de chaux vive, tradition de mise en œuvre. Des conférences se déroulent chaque année à l’Université Montpellier 3 (Histoire de l’Art et Géologie). « En joignant nos connaissances techniques et celles, théoriques, des enseignants, on arrive à identifier qui a réalisé telle ou telle sculpture : un moine, un chef ou un sbire », souligne Fabrice Bouley.
Déconnectés, les artistes de la pierre ? Pas vraiment. Sur quatre personnes testées dans le cadre de clause d’insertion lors des deux dernières années, deux postes en maçonnerie traditionnelle ont été pérennisés. Et Eléonore, jeune tailleur de pierre de 23 ans, vient d’être intégrée à l’équipe. Elle sera à l’atelier de démonstration, ce week-end, au pied de la cathédrale de Perpignan. L’histoire continue.

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