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Languedoc-Roussillon
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Conjoncture
| 9/02/2011

Jean-Pierre Jouyet veut améliorer l’accès des PME aux marchés

Le président de l’Autorité des marchés financiers, Jean-Pierre Jouyet, a souhaité que les PME aient plus facilement accès aux marchés pour financer leur croissance, lors d’un débat organisé par la direction régionale de la Banque de France à Montpellier, mardi 8 février. « Un des grands problèmes va être le financement des PME », a estimé l’ancien secrétaire d’Etat chargé des affaires européennes de François Fillon (2007-2008). « Les grands groupes auront toujours accès au marché, aux banques, aux fonds. Les plus petites entités n’ont pas la même accès à ce mode de financement très international, qui a ses vertus, mais aussi ses limites en termes d’inégalité de traitement des acteurs. Or les créations d’emplois et d’activités sont davantage le fait des PME. Il faut qu’on garde des sources de financement autres que le marché, que les seules structures bancaires, et qu’on regarde tout ce qui est capital innovation, capital risque, capital-amorçage, et qu’on essaye de développer un système public et privé qui fasse bouger les lignes en termes de financement ». Selon le haut fonctionnaire, le seuil d’accès aux marchés « est trop élevé. Il faut revoir les réglementations européennes pour faire en sorte que les plus petites entreprises, en-deçà d’un milliard d’euros de chiffre d'affaires, puissent avoir aussi accès au marché. Il faut que les seuils qui existent au niveau européen soient abaissés. Il faut aussi davantage simplifier l’accès des TPE et des PME au marché. Il faudrait aussi pouvoir se retirer du marché plus facilement », Jean-Pierre Jouyet a également appelé à « plus de solidarité publique et privée entre grands et petits acteurs. Nous avons un handicap assez fort par rapport à l’Allemagne, à cet égard. Leur modèle est plus dense, plus fort et mieux organisé que le nôtre. L’Etat, la Région et le privé doivent développer des fonds de développement et des fonds d’amorçage et faire en sorte qu’il y ait un accompagnement plus important. »

« Marchés casino »
Le président de l’AMF est également revenu, pendant son intervention, sur la crise financière mondiale, rappellant que le sauvetage des banques en Europe avait représenté « 28 % de la production interieure brute ». Se félicitant des différentes mesures adoptées lors de deux G20 (création d’un comité des risques, adoption des règles de Bâle 3, surveillances des marchés les plus opaques…), Jean-Pierre Jouyet les a estimées « insuffisantes pour restaurer la confiance dans les marchés et amener les épargnants à investir dans une épargne longue ». Il espère, pour sa part, « des progrès substantiels dans trois directions pour que les marchés casino reviennent à leur raison d’être, c’est-à-dire financer l’économie. Il faut mieux protéger les épargnants pour les remettre au centre du dispositif, s’attaquer aux risques liés à la dynamiques intrinsèque des marchés, et réguler davantage les nouveaux marchés, qui sont aussi les plus volatils ».« Aujourd’hui, 44 % des transactions en Europe sont réalisées en dehors des plateformes de négociations multilatérales transparentes. Près de la moitié des transactions financières en Europe ont lieu sans un rapport transparent au régulateur, sans que les conditions de formation des titres, les conditions d’achat et de revente soient clairement identifiées ni par ceux qui investissent sur les marchés ni par ceux qui émettent les titres sur les marchés ».
Transactions à la nanoseconde
Autre point noir, selon lui : « Comment détecter des abus de marché ou un délit d’initié alors que des transactions financières ont lieu à la nanoseconde ? Le trading algorythmique représente 70 % des volumes échangés aux Etats-Unis et 40 % en Europe ». Pour le président de l’AMF, « on est loin de la sur-réglementation que certains voudraient dénoncer. On a modifié les ratios pour la banque et l’assurance. Le problème, c’est que ces ratios et ces normes prudentielles n’ont pas été définis en fonction de la nature spéculative des activités, mais de manière uniforme. Ce qui fait que l’application de ces ratios va pénaliser des économies selon qu’elles dépendent plus ou moins de la distribution de crédits. Or l’économie américaine est financée à 75 % par les marchés, et l’économie européenne à 75 % par les crédits. Il est d’autant plus important de continuer à réguler les activités financières que la part des marchés dans le financement de l’économie et de la croissance sera plus important demain qu’elle ne l’était hier. »
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