Industrie : le nouvel eldorado du recrutement
Énergies renouvelables, aéronautique, nucléaire… : en Occitanie, l’industrie a de forts besoins en main-d’œuvre. Et si la filière souffre encore parfois d’une mauvaise image, les industriels régionaux redoublent d’efforts pour attirer – et fidéliser – les talents. Retour sur le débat organisé le 5 avril par La Lettre M en partenariat avec EDF.
Dans un contexte chahuté, marqué par les conséquences de la crise sanitaire et les soubresauts géopolitiques, le tissu industriel d’Occitanie est confronté à un changement de paradigme. Alors qu’il y a quelques années encore, les salariés devaient convaincre de potentiels employeurs, c’est aujourd’hui aux entreprises de jouer la carte de la séduction.
Le constat
L’industrie, par nature plurielle, souffre encore d’une image difficile. « Il y a clairement un décalage entre la façon dont l’industrie est perçue par certains jeunes - mais aussi par leurs parents et leurs enseignants - et le potentiel qu’elle offre, résume Sylvain Vidal, directeur de l’action régionale EDF en Occitanie. Pourtant, ce secteur est porteur de sens. Ses métiers sont évolutifs, diversifiés et de plus en plus technologiques. » Un constat partagé par Bruno Bergoend, président de l’UIMM MP-Occitanie : « Avec la crise sanitaire, les citoyens ont pris conscience qu’ils avaient besoin d’industrie dans leur quotidien. Le moment est venu d’accélérer sur les sujets d’attractivité et de formation. »
Certains secteurs devraient en effet recruter massivement dans les années à venir, comme l’aéronautique, mais aussi le nucléaire. « La construction de nouveaux EPR va générer d’importantes créations d’emplois locaux ; une centrale, pour un territoire, c’est 80 ans de travail », estime Hervé Maillart, délégué permanent du Comité stratégique de la filière nucléaire. De son côté, Jacques-Olivier Saulay, DRH de Dalkia Région Sud-Ouest, filiale du Groupe EDF spécialisée dans les services énergétiques, déplore « un décalage entre l’offre de formation et le besoin en ressources qualifiées ». Des constats partagés par Jalil Benabdillah, vice-président de la Région chargé de l’économie, de l’emploi, de l’innovation et de la réindustrialisation. « Aujourd’hui, les salariés sont en quête de sens, d’un nouvel équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, ajoute-t-il. Nous devons travailler sur l’attractivité de la filière industrielle en aidant les acteurs dans leurs recherches de profils pénuriques. »
Les solutions
Après le diagnostic, place aux solutions. Pour Bruno Bergoend, il s’agit tout d’abord de gérer l’urgence en accompagnant des dispositifs comme « Passerelles Industries », porté par la Région et l'État, qui permet de faciliter les liens RH entre les entreprises industrielles qui recrutent et celles qui subissent des contre-cycles. Ce travail, réalisé « bassin par bassin, a déjà permis de sauver 900 emplois en Occitanie » depuis le début de la crise, précise-t-il. La Région Occitanie mise également sur le Pass RH, qui offre aux entreprises un accompagnement dans le cadre de leur recherche de talents.
« Il n’y a pas de fatalité, assure Jacques-Olivier Saulay. Les solutions existent. Chez Dalkia, nous mettons le paquet sur la formation, l’alternance et la diversification des profils. » Avec, en filigrane, la volonté de mettre en avant des métiers « porteurs de sens », notamment dans le contexte de transition écologique. Dans le nucléaire, un système de bourses est ainsi actuellement expérimenté dans plusieurs régions dont l’Occitanie en vue de « favoriser l’attractivité du secteur », explique Hervé Maillart. De l’avis des professionnels, la sensibilisation doit dans tous les cas s’opérer le plus tôt possible, idéalement dès le collège. « C’est à cette étape qu’il faut casser les stéréotypes », martèle Jacques-Olivier Saulay.
Le débat en live streaming
depuis le studio Le 3e, à Toulouse, le revoir ici










