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Région Occitanie
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Aéronautique et spatial
| 27/01/2026

Face à la baisse des financements publics, le pôle Aerospace Valley planche sur « le bon modèle économique »

© Aerospace Valley

Alors que la 6e phase des pôles de compétitivité doit débuter en 2027, Bruno Darboux, président d’Aerospace Valley, qui rassemble 835 acteurs de l’aéronautique, du spatial et des drones en Occitanie et en Nouvelle-Aquitaine, exprime « un point de vigilance ». « Les discussions sont ouvertes avec l’État compte tenu des finances publiques, explique-t-il. Il va falloir trouver le bon modèle économique. Nous avons une inquiétude car le soutien moral des pouvoirs publics aux pôles ne suffit pas. Notre soutien privé est affirmé mais notre mission d’intérêt général rend impératif un financement public. Si nous devenions purement privés, les territoires en pâtiraient. » Le budget 2025-2026 d'Aerospace Valley devrait se porter à 5,8 M€.

« Afin que le succès perdure »
« L’aéronautique, le spatial et les drones font briller l’économie du territoire et offrent des perspectives de croissance considérables, se réjouit Bruno Darboux le 27 janvier à l'occasion de la présentation à la presse du bilan 2025 et des perspectives 2026 d'Aerospace Valley. La filière, bien sûr, doit se prendre en charge, mais sa montée en puissance demande aussi une attention sérieuse de la part des pouvoirs publics afin que le succès perdure. Dans un contexte mondial complexe, il faut être vigilant. » Cette année, les subventions publiques (État, Régions, Métropoles) devraient représenter 23 % du budget de fonctionnement d’Aerospace Valley. Les autres recettes s’équilibrent entre la participation à des projets européens, les cotisations des adhérents du pôle et la réalisation de prestations (comme l’accueil et l’accompagnement de délégations étrangères).

140 projets accompagnés l'an dernier
Durant l’exercice 2024-2025 (du 1er avril 2024 au 31 mars 2025), Aerospace Valley a accompagné 140 projets. « 83 d’entre eux ont trouvé un financement, ce qui représente un total de 458 M€ d’investissement, dont 141 M€ d’aides publiques régionales, nationales et européennes, précise Anouk Laborie, DG du pôle. Parmi ces 83 projets, six ont concerné des initiatives de recherche, cinq des sujets liés aux compétences, trois des investissements industriels et, si l'on parle de secteurs d’activité, cinq ont porté sur les drones et neuf sur la Défense. » Depuis 2005, le pôle de compétitivité a accompagné le financement de 1 062 projets, ce qui représente un investissement global de 2,519 Md€, dont 1,022 Md€ d’aides publiques.

Les « goulots d'étrangement » d'un secteur aéronautique en plein boom
La présentation du bilan du pôle est également l’occasion pour Bruno Darboux d’évoquer les grands enjeux stratégiques des différentes filières accompagnées. Côté aéronautique, l’heure est à la croissance. « Le trafic aérien mondial a dépassé son niveau pré-Covid, se réjouit le président d’Aerospace ValleyLes chiffres donnent le vertige. Mais les carnets de commandes record, que ce soit dans le civil ou le militaire, mettent la filière face à un défi structurel de montée en cadence, contraint à la fois par les capacités industrielles et les compétences critiques. Face à ces goulots d’étranglement, l’effort doit se poursuivre. » Autre enjeu du secteur dans le Sud-Ouest de la France, et en particulier en Occitanie : la décarbonation. « C’est absolument vital pour l’avenir de la filière », insiste Bruno Darboux, qui estime que « le territoire est particulièrement bien positionné sur les Saf, les carburants d’aviation durable ». Et le dirigeant d’ajouter : « La prochaine génération d’aéronefs est en train de se préparer. C’est déjà bien visible dans le champ de l’aviation légère, mais des actions de fond sont également menées sur les segments de l’aviation commerciale et de l’aviation d’affaires. »

Le spatial fait sa révolution
Dans le spatial, la mutation est à l’œuvre, sous l’impulsion des acteurs du NewSpace. « Dans une industrie fortement concurrencée par le modèle SpaceX-Starlink, qui malmène les lanceurs, les satellites et les opérateurs télécoms, l’industrie spatiale a réagi l’an dernier, avec en particulier une montée en puissance d’Ariane 6 et l’émergence de futurs lanceurs réutilisables », analyse Anouk Laborie, qui salue le projet de fusion des activités spatiales des trois acteurs européens Thales, Airbus et Leonardo, mais aussi le contrat XXL récemment décroché par Airbus Defence and Space, à Toulouse, avec Eutelsat OneWeb, sans oublier les initiatives des « pépites » du NewSpace dans le Sud-Ouest de la France, qui ont levé 478 M€ l’an dernier.

Les drones portés par la Défense
Enfin, le secteur des drones connaît lui aussi une forte montée en cadence productive sous l’impulsion du marché de la Défense, qui « pèse désormais 90 % du volume d’affaires de la filière régionale », précise Bruno Darboux. « L’écosystème a longtemps été très fragmenté, commente-t-il. Nous avons par conséquent cherché à faire en sorte de massifier l’expression des besoins et les solutions proposées. Sous l’impulsion du marché de la Défense, cela commence à prendre forme, avec des défis à relever en termes d’innovation, mais aussi – là encore – de montée en puissance industrielle. »

Dans ce contexte, le pôle de compétitivité entend intensifier ses actions dans les champs de l’intelligence artificielle appliquée à l’aéronautique, mais aussi de la structuration d’une supply chain –  chaîne de sous-traitance partenariale – « compétitive et durable » et, enfin, du développement international des entreprises.

Alexandre Léoty / leoty@lalettrem.net
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