Languedoc-Roussillon
Biotechs - Santé
Déserts médicaux : l’UFC Que Choisir tire la sonnette d’alarme
La carte de l’offre médicale départementale et régionale* rendue publique ce lundi 15 octobre par l’Union fédérale des consommateurs – Que choir Montpellier (UFC) met en évidence une situation « alarmante » liée à une véritable « fracture sanitaire » selon l’association. « Souvent abordés séparément, l’accès géographique aux soins et les dépassements d’honoraires, qui ont doublé en 20 ans, sont pourtant étroitement liés, et viennent affaiblir l’égalité des habitants du département de l’Hérault et de la région devant le système de santé » souligne l’UFC/Que choisir. Premier constat, ces déserts médicaux sont bien installés, surtout pour les spécialistes. « Si les déserts géographiques ne concernent qu’à la marge les médecins généralistes, tel n’est pas le cas pour les spécialistes puisque pour les pédiatres, les gynécologues ou les ophtalmologistes, c’est respectivement 10 %, 4 % et 10 % de la population de l’Hérault (15 %, 10 % et 14 % du Languedoc-Roussillon) qui se trouvent dans des déserts médicaux », pointe l’association. Une situation qui s’aggrave si l’on tient compte des dépassements d’honoraires.
Exclusion sanitaire
« C’est ains que dans l’Hérault, le pourcentage de personnes vivant dans un désert médical gynécologique passe de 10 % à 35 % (de 14 % à 35 % en L.-R.) si l’on ne peut accéder qu’à un gynécologue aux taridfs de la sécurité sociale. Pour les ophtalmologistes on passe de 4 % à 9 % dans l’Hérault et de 10 % à 24 % dans la région. » Une exclusion sanitaire qui n’épargne aucune zone même si elle touche majoritairement les zones rurales. C’est ainsi que les habitants de villes telles que Carcassonne, Narbonne, Sète, Alès ou Le Vigan se situent bel et bien au cœur de déserts médicaux s’agissant d’ophtalmologistes ne pratiquant pas les dépassements d’honoraires. « Il y a donc une inadmissible fracture entre les usagers qui peuvent se soigner dans de bonnes conditions, et ceux qui, au delà des déserts géographiques sont progressivement exclus de notre système de santé car ils ne peuvent pas payer les tarifs demandés » constate l’UFC/Que choisir. Fort de cette étude, l’association vient d’interpeller les parlementaires régionaux qui seront prochainement appelés à débattre au sujet du projet de loi de financement de la sécurité sociale afin de garantir un égal accès aux soins via trois mesures essentielles à ses yeux : le conventionnement sélectif des médecins, la réduction des aides publiques aux médecins installés en zone sur-dotée et le plafonnement des dépassements d’honoraires.
* L’étude publiée par l’UFC/Que choisir est basée sur la localisation des médecins et des tarifs pratiqués pour quatre spécialités (généralistes, ophtalmologistes, gynécologues et pédiatres), commune par commune et en tenant compte de la capacité financière des usagers à se soigner










