Croissance, investissements, montée en cadence... : comment Figeac Aero veut atteindre 600 M€ de CA en 2028
Le groupe aéronautique lotois Figeac Aero, spécialisé dans les pièces de structure en alliage léger et en métaux durs, les pièces de moteur, les trains d'atterrissage et les sous-ensembles, enregistre 121,1 M€ de chiffre d’affaires au 3e trimestre 2025-2026, en croissance organique de 17,8 % par rapport à la même période de 2024-2025. Au cours des neuf premiers mois de l’exercice, l’entreprise de 3 000 salariés pilotée par Jean-Claude Maillard réalise 336,4 M€, en hausse organique de 12,4 %. Ressorts de la croissance, objectifs 2026, feuille de route pour les prochaines années, perspectives de cession… : entretien exclusif de La Lettre M avec Simon Derbanne, directeur de relations investisseurs et institutionnelles.
Quels sont les ressorts de la croissance du groupe Figeac Aero ?
Cette croissance, qui s’accélère, illustre les capacités d’exécution du groupe. Il s’agit du 19e trimestre de croissance consécutif pour Figeac Aero. C’est assez éloquent ! Cela démontre notre capacité à aller de l’avant, poussés par l’ensemble de l’industrie. Côté Aérostructures & Aéromoteurs, nous enregistrons une croissance organique de 17,8 % sur le trimestre, avec un chiffre d’affaires de 111,2 M€. L’activité est tirée par l’ensemble des programmes Airbus, mais aussi par les moteurs Leap, dont une partie est destinée au 737 de Boeing. En ce qui concerne notre division Défense & Énergie, la croissance trimestrielle est de 17,3 %, avec 9,9 M€ de CA. Une évolution qui s’explique à la fois par un bon niveau d’activité dans la Défense et par la livraison des commandes hydroélectriques prises en début d’année dernière.
La dynamique du secteur de la Défense, que vous évoquez, se traduit-elle dans les contrats ?
Disons que nous espérons que cette dynamique trouve sa traduction dans les prochains trimestres. Nous ne voyons pas encore la concrétisation des annonces de l’État en termes de commandes. Des discussions sont en cours avec les industriels ; nous sommes confiants quant au fait que le jour où ces commandes se manifesteront, cela se répercutera chez nous. Cela pourra nous amener dans le futur, le cas échéant, à structurer des plans d’investissement dédiés.
Justement, quel volume d’investissement planifiez-vous cette année au global ?
Durant toute la décennie qui a précédé la crise sanitaire, notre groupe a investi massivement dans le développement de ses capacités industrielles. Un choix stratégique dont nous bénéficions aujourd’hui. Par la suite, Figeac Aero a poursuivi ses investissements afin de conserver un outil productif à la pointe de la modernité, ce qui nous permet de demeurer compétitifs. Désormais, nous planifions un engagement annuel moyen de 40 M€ jusqu’en mars 2028, dont 10 à 15 M€ par an dédiés au développement des capacités industrielles.
Comment répondez-vous au défi de l’accroissement des cadences de production ?
Notre outil, comme je l’ai dit, nous permet de répondre à nos besoins. Il est rare que nous rencontrions des situations de tension. Nous trouvons toujours les solutions nous permettant de répondre aux hausses de cadences. Notre enjeu, désormais, est de continuer à optimiser les cycles de production de notre outil industriel et à réaliser des investissements de capacité lorsque cela est strictement nécessaire.
Vous êtes cependant tributaires de la chaîne d’approvisionnement…
En effet, la vraie difficulté que nous rencontrons, dans le cadre de la hausse des cadences de production, vient de la filière au global. En clair, compte tenu de l’imbrication des différents acteurs, nous allons forcément à la vitesse du plus lent. Ces dernières années, Airbus et d’autres équipementiers ont très fortement soutenu la chaîne d’approvisionnement. La situation est par conséquent en train de s’améliorer progressivement, même s’il reste çà et là des goulots d’étranglement.
Quel impact les tensions géopolitiques, et en particulier la politique douanière de Donald Trump, ont-elles sur votre activité ?
À ce stade, elles ne nous impactent plus, si l’on parle des menaces qui pesaient jusqu’à récemment sur les droits de douanes des produits aéronautiques. L’accord passé entre les États-Unis et l’Union européenne annule ces droits de douanes, à l’exception de l’importation de métaux. Pour nous, c’est un signe de stabilité. Le fait d’avoir de la visibilité doit permettre à la filière d’accélérer.
Vous maintenez vos objectifs pour l’exercice 2025-2026, qui sera clôturé le 31 mars prochain : un CA compris entre 470 M€ et 490 M€, un Ebitda courant positionné entre 77 M€ et 83 M€, un free cash flow entre 35 et 40 M€ et un levier financier ramené entre 3 et 3,5. Cela signifie que l’incendie qui a ravagé en janvier une partie de votre site de production de SN Auvergne Aéronautique, à Aulnat (63), n’a pas eu de conséquences importantes sur votre activité globale ?
Tout d’abord, je dois préciser que ce site - qui génère 37 M€ de CA annuel, ce qui est important - était à l’arrêt lors du sinistre, donc aucune perte humaine n’est à déplorer. Par ailleurs, grâce aux systèmes de sécurité installés sur place et à l’intervention rapide des services d’urgence, la plus grande partie des moyens de production a été préservée. Nous avons pu limiter les dégâts à environ 10 % du site. L’usine a repris son activité et nous avons trouvé des solutions – à la fois en interne et en externe – pour assumer les livraisons prévues. Selon nos premières estimations, nous devrions néanmoins enregistrer un décalage de CA compris entre 5 et 6 M€. L’impact est modéré et cela ne va pas affecter nos objectifs 2025-2026, qui demeurent en effet inchangés.
Votre cap stratégique est fixé à 2028, avec un objectif de chiffre d’affaires à plus de 600 M€ et un levier financier inférieur à 2. Et après, qu’en sera-t-il ? Quelles seront les perspectives du groupe ?
Vous l’avez dit, nous sommes focalisés sur mars 2028, afin d’être au rendez-vous de nos objectifs. Avec également la perspective de poursuivre l’optimisation de notre outil industriel et le désendettement du groupe. Cela coïncidera avec la volonté de Jean-Claude Maillard, notre PDG, de céder sa participation et de passer le relais à un nouveau propriétaire. Nous travaillons d’ores et déjà sur les grands axes de l’après 2028.
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