Fil infos

Hautes-Pyrénées
|
Industrie
| 3/04/2020

[Covid-19] Nervures : des parapentes aux masques de protection

Il aura suffi d'un week-end pour que le constructeur bigourdan de voiles de parapentes Nervures (siège à Soulom) réoriente sa production vers celle de masques de protection. En lien avec la préfecture et le Département des Hautes-Pyrénées, l'entreprise a mis le savoir-faire de ses couturières au service de ce que son dirigeant, Jean-Marie Bernos, qualifie de « projet d'intérêt général » : « Nous ne cherchons pas à concurrencer les fabricants de masques mais à apporter la meilleure protection possible, rapidement, avec nos moyens »​, précise-t-il.

Nervures, qui emploie une dizaine de salariés et fabrique plus de 300 voiles par an, a mis au point un prototype (en lien avec l’hôpital de Tarbes et la sous-préfecture de Bagnères-de-Bigorre​s) puis structuré autour d'elle une petite filière locale, dédiée à la fabrication de ces masques réutilisables en coton. Parmi les acteurs mobilisés : l’entreprise La Carde (Esquièze-Sère), fabricant de couvertures, plaids, couettes et articles en lainages des Pyrénées ; L’Atelier Le Fil d’Ariane (Lannemezan), une structure d’insertion professionnelle par la couture et la broderie ; Safi 65 (Juncalas), qui fabrique des vêtements et accessoires ; l’ancienne Blanchisserie des Gaves (Soulom) et la Blanchisserie des Pyrénées (Lourdes), qui fournissent la matière première (draps) ; l'association d'insertion tarbaise Récup’Actions 65, qui assure le nettoyage des masques et leur emballage avant leur distribution ; les transports Barcos (Lanne) qui ont acheminé gratuitement une palette de rubans depuis Saint-Étienne.

Pour l'heure, le Département des Hautes- Pyrénées a passé une première commande de 25 000 masques afin d'équiper ses agents et partenaires qui interviennent auprès des personnes vulnérables. « Dans les Hautes-Pyrénées, nous n’avons pas de grosse industrie de l’habillement, rappelle Michel Pélieu, président du Département. Mais nous avons des petites entreprises industrielles extrêmement innovantes, compétentes et agiles, très réactives et capables aussi de travailler avec des acteurs très différents. » Une deuxième commande de 5 000 masques a aussi été passée par la préfecture des Hautes-Pyrénées. Quant à la production habituelle de Nervures, elle est suspendue jusqu'à nouvel ordre, « malgré un planning de production de voiles très chargé », souligne Jean-Marie Barcos, qui compte sur la compréhension de ses clients : « J'espère surtout que chacun comprendra -enfin - l'importance du fabriqué en France et du maintien des unités de production industrielle locale pour tous nos objets du quotidien et pas seulement en cas de pandémie. »

Aline Gandy / gandy@lalettrem.net
Bloc Abonnement

La Lettre M sur votre bureau chaque mois, la newsletter quotidienne à 18h, toute l'actualité en temps réel sur lalettrem.fr, les magazines thématiques, le guide « Les Leaders, ceux qui font l’Occitanie », la référence des décideurs d'Occitanie