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Région Occitanie
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Eau - Environnement / Energies
| 2/07/2021

Comment revoir notre débat-événement "RSE, de la théorie à la pratique"

« Nous nous sommes fixés comme mission de former des étudiants et de mener des recherches pour un monde meilleur », indique Marie-Christine Lichtlé, directrice de Montpellier Management, à l'occasion d'un débat dédié à la responsabilité sociétale des entreprises (RSE), organisé par La Lettre M, avec Montpellier Management, le 29 juin. Un positionnement qui fait parfaitement écho aux attentes actuelles des actifs. En effet, à offres équivalentes, 78 % des salariés choisiraient une entreprise engagée pour la transition écologique, plutôt qu’une autre (source : étude réalisée en juin 2021 par le CSA pour Linkedin et l’Ademe). Afin d'en optimiser les bénéfices, une stratégie RSE ne doit pas s'improviser. Intervenant à ce débat, Gérald Naro, enseignant-chercheur à Montpellier Management (4 000 étudiants) ; Virginie Monnier-Mangue, présidente de la CleanTech Vallée ; Yannick Gomez, cadre au CEA à Marcoule et Jean-Baptiste Léger, directeur RSE de Lidl France, livrent leurs recommandations.

Recommandation n°1 : sincérité
Pour une stratégie RSE réussie, il est indispensable de faire preuve d’authenticité. « La RSE, c'est une histoire de sincérité et d'exemplarité », estime le professeur Gérald Naro. Halte donc au ”greenwashing“ ou “RSE washing“. Si toutes les entreprises n’ont pas encore opéré leur mutation, en intégrant la RSE dans leur ADN, « nous voyons des entreprises pionnières dessiner progressivement le chemin pour passer de la communication à l’action », se réjouit Virginie Monnier-Mangue, présidente de la Cleantech Vallée (Gard rhodanien).

Recommandation n°2 : stratégie globale
La démarche RSE doit « s’inscrire dans la stratégie de l’entreprise et dans sa gestion opérationnelle », recommande ensuite Gérald Naro. En clair, la RSE n’est pas un « bonus » mais fait partie intégrante de tous les aspects de la vie d’une entreprise : gestion, management, ressources humaines, production… Car toutes les équipes doivent être impliquées. « La RSE ? ça marche quand on a une équipe pour la porter », prévient l’enseignant-chercheur.

Recommandation n°3 : hiérarchisation
La RSE englobe un large panel d’actions portant sur les enjeux environnementaux et sociaux. Toutes ne peuvent pas, matériellement, être mises en place en même temps. C'est la raison pour laquelle, chez Lidl France, tous les deux ans, la direction réalise une « analyse de matérialité », explique Jean-Baptiste Léger, directeur RSE et affaires publiques. « Nous essayons de trouver les points importants pour nos parties prenantes (ONG, fournisseurs, clients, salariés, médias et politiques, NDLR). Au total, nous avons listé 42 items sur lesquels Lidl a une responsabilité et nous demandons à ces parties prenantes de les classer par ordre de priorité. Plus de 1 000 personnes sont consultées à chaque fois. Les items qui ressortent en haut de la liste sont prioritaires dans notre stratégie RSE », détaille-t-il.

Recommandation n°4 : accompagnement
Pour les plus petites structures, internaliser une expertise RSE est quasiment mission impossible. Toutefois, l’écosystème local, public et privé, peut s’avérer un appui précieux, voire indispensable, pour mettre sur pied une démarche RSE cohérente. « L’Occitanie est très impliquée dans tous ces sujets, notamment à Montpellier où sont implantées beaucoup d’acteurs de l’économie sociale et solidaire, note Virginie Monnier-Mangue. En s’adressant à l'agence de développement économique Ad’Occ, aux services de l’État, à l’Université, ou bien sûr à la CleanTech Vallée… », l’entreprise peut accéder à de nombreux relais. « Il suffit de taper à une porte et finalement tout le monde se mobilise », insiste la présidente de la CleanTech Vallée. « Sans les territoires nous ne pouvons rien faire, confirme Yannick Gomez, cadre au sein de la cellule Isec (Institut des Sciences et Technologies pour une économie circulaire des énergies bas-carbone) au CEA à Marcoule. Le CEA est intégré au sein de 56 pôles de compétitivité, nous avons une politique de création de start-up, 216 sont sorties du CEA et 70 % sont encore en activité. »

Recommandation n°5 : communication
Pas de stratégie RSE réussie sans communication, prévient Jean-Baptiste Léger. « La communication est clé en interne pour rassurer les équipes sur la cohérence des actions avec la stratégie globale », souligne-t-il. Communiquer sur ces stratégies permet aussi de faire des émules, indique Virginie Monnier-Mangue. « Il est important d’avoir des modèles de dirigeant, d’entreprise, pour ouvrir la voie. Nous avons besoin de pionniers. »

Si des progrès restent à faire, notamment en termes de cadre réglementaire – « construire du neuf reste toujours moins coûteux que de rénover, déplore Virginie Monnier-Mangue. À l’image des certificats d’économies d’énergie, il faut inventer des certificats d’économies de ressources » - les planètes semblent s’aligner en faveur d’un déploiement de la RSE. L’heure n’est plus à l’hésitation. Pour Yannick Gomez, « on doit avoir une approche offensive de la RSE car c'est l'occasion de fonder une nouvelle économie. Les contraintes vont monter (dont le coût carbone), ça va devenir très risqué de ne pas s'engager ».

Le lien vers le replay du débat : https://youtu.be/r9f05BxHKZ8?t=212

Stéphanie Roy / roy@lalettrem.net
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