Comment l'EPF d'Occitanie prépare le recul du trait de côte
La nouvelle stratégie de l'Établissement public foncier (EPF) d'Occitanie pour préparer le recul du trait de côte est en marche. En témoigne la récente acquisition pour 3 M€, au comité d'entreprise d'Alstom, du camping trois étoiles Jean Pérès de 347 hectares à Vias (Hérault), situé à 300 mètres du bord de mer. Une opération inédite à deux titres : « Un, le choix de l’action : ce n'est pas un camping qui a pris l’eau, nous sommes dans l'anticipation. Deux, le montage : l'opérateur public maintient l’exploitant sur le site », résume Sophie Lafenêtre, directrice générale de l'EPF régional (35 salariés à Montpellier, 15 à Toulouse, 70 M€ de budget annuel). Désormais, l'exploitant - l'agence de voyages lilloise Artes tourisme - verse une redevance annuelle à l'EPF via un bail commercial qui « efface le coût d’acquisition », souligne-t-elle. Le retour sur investissement est de douze ans pour la collectivité, à qui l'EPF cédera le foncier dans au moins douze ans, selon l'évolution du trait de côte et l'activité touristique. Le site sera exploité jusqu'au jour où la mer montera. La relocalisation, loin de la plage grignotée par les eaux, sera assurée par la collectivité, avec l’appui éventuel de l’EPF. « C'est gagnant-gagnant puisqu’on maintient au maximum l’activité économique et on prépare son repli à long terme », insiste-t-elle.
Carence de logements sociaux
En parallèle, l'EPF est mobilisé au Grau-du-Roi (Gard) dans le cadre du recyclage d’un ancien camping de 5 ha, acquis 9 M€ en 2015 pour le compte de la commune, en un écoquartier de 500 logements. L'établissement public planche aussi cette année sur différents projets littoraux : l'acquisition d'un deuxième camping à Vias ou encore « la réhabilitation d’immeubles vacants ou à la vente pour permettre à un bailleur social de sortir un logement social avec six lots » dans des communes en carence de logements sociaux comme Sainte-Marie-la-Mer (Pyrénées-orientales), illustre-t-elle. « Mais faire reculer des cabanes et des campings, c’est plus facile que faire reculer la ville », observe Sophie Lafenêtre, en référence à la reconversion de copropriétés balnéaires. « Le studio cabine reste rentable, surtout dans la période actuelle où l’on ne peut pas aller à l’étranger. Pour le propriétaire, il n’y a pas aujourd'hui d’intérêt économique à faire bouger ce patrimoine, en appartement plus spacieux », analyse-t-elle.
Hausse des acquisitions foncières
Habilité à intervenir sur l’ensemble de la région, à l'exception des périmètres des trois EPF locaux de Castres-Mazamet, Montauban et Toulouse, l’EPF d'Occitanie affiche une croissance de 21 % de ses acquisitions foncières en 2020. L'établissement atteint par ailleurs les 47 M€ cumulés de cessions sur la période 2019-2020, soit la moitié de son stock foncier du début du Programme pluriannuel d’intervention 2019-2023.










