Comment l'Arec accompagne la transition écologique en région
La Région Occitanie veut accélérer sur la réduction de sa consommation et la production d’énergies vertes. Avec son Agence régionale énergie climat (Arec) créée en 2008 et présidée par Christian Assaf, elle multiplie les projets. Le point avec son directeur, Stéphane Péré.
La situation géopolitique et la hausse du prix de l’énergie accélèrent-elles l’urgence de la transition énergétique ?
Le contexte actuel nous rappelle une problématique qui était déjà prégnante mais peut-être moins visible : l’énergie est un bien rare qu’il faut savoir économiser avant de produire. C’est sur ces deux axes – la sobriété et la production d’énergies renouvelables – que l’Arec, présidée par Christian Assaf, travaille depuis quatre ans. Avec le plan de souveraineté énergétique voté par la Région il y a quelques jours nous allons encore plus loin.
Comment l’Arec accompagne- t-elle les entreprises dans leur transition énergétique ?
Nous avons par exemple créé Fiteeo (Financeur pour l’industrie et le tertiaire de l’efficacité énergétique en Occitanie) : un outil de portage de projets de décarbonation né de la collaboration entre l’Arec et GreenFlex, une société experte dans le domaine, avec un financement apporté par les Caisses d’Épargne à hauteur de 60 M€. Concrètement, les entreprises qui portent un projet d’efficacité énergétique peuvent faire appel à Fiteeo pour avancer les investissements. L’entreprise remboursera par le biais de loyers mensuels pendant une durée allant généralement de 5 à 7 ans.
Des projets accompagnés par Fiteeo sont-ils déjà en cours ?
Absolument. L’entreprise de céramique Villeroy & Boch située dans le Tarn-et-Garonne va remplacer ses séchoirs et améliorer la régulation de température de ses fours, très énergivores, grâce à la mise en place de solutions de stockage de chaleur développées par l’entreprise Eco-Tech Ceram (66). Le projet, estimé à 2,8 M€, devrait permettre une économie d’énergie de 7 GWh et une diminution de 1 300 tonnes d’émission de CO2 chaque année. D’autres projets sont en cours, notamment chez le producteur gardois d’huile d’olive bio Émile Noël.
Épaulez-vous également les collectivités ?
Oui, nous avons par exemple accompagné le Sicoval, le Pays Cœur d’Hérault ou la commune de Fleurance dans leur transition énergétique. La Région et le président Christian Assaf nous ont par ailleurs demandé de réfléchir à un dispositif proche de Rénov’Occitanie (cf. encadré) pour rénover les bâtiments publics. Nous espérons pouvoir le lancer d’ici à la fin de l’année.
Où en est-on de la production d’énergies renouvelables (EnR) en Occitanie ?
Aujourd’hui, presque 50 % de la production de l’électricité régionale est renouvelable. Le travail que nous menons à travers la stratégie Région à énergie positive (Repos) initiée par la Région commence à être visible. L’Arec a par exemple investi 2 M€ pour relancer la production hydroélectrique d’un moulin situé à Albias, dans le Tarn-et- Garonne. Les projets de parcs éoliens en mer au large de Gruissan et de Leucate avancent.
Sur le photovoltaïque, il y a de nombreux projets qui aboutissent. Le dispositif Ombrières d’Occitanie, qui permet l’installation gratuite d’ombrières pour les collectivités ou les entreprises, rencontre un vif succès. Cinq projets ont déjà été construits dans l’Hérault, dans les Hautes-Pyrénées et au Séquestre, dans le Tarn, et 226 sites sont actuellement étudiés. Cinquante sortiront de terre cette année. Nous soutenons également les projets d’agriculture à énergie positive : nous avons investi 2 M€ dans cinq projets d’agrivoltaïsme bâtis en collaboration avec l’entreprise Sun’Agri.
Et l’hydrogène ?
La filière décolle, avec par exemple la société HyPort, codétenue par Engie Solutions et l’Arec, qui déploie des infrastructures d’hydrogène renouvelable en Occitanie. Quant au corridor H2, qui doit permettre aux véhicules lourds à hydrogène de circuler en Occitanie, il devrait être opérationnel d’ici à 2024. Deux sites de production d’hydrogène – à Port-La Nouvelle (11) avec Hyd’Occ, et à Bessières (31) avec la société Lhyfe – devraient approvisionner à terme 7 à 8 stations de distribution. Avec ces projets, nous prouvons qu’il est possible d’agir avec les territoires pour la transition énergétique et la souveraineté économique régionale, portées par Carole Delga.
Prévoyez-vous d’autres dispositifs pour accélérer la production d’EnR ?
Nous venons de créer Occte, une société de gestion chargée de gérer un fonds de transition énergétique appelé Occigen, dédié au financement de projets de production d’énergie verte. Nous espérons lever 100 M€ auprès d’investisseurs d’ici à la fin de l’année. Au-delà de la production, nous travaillons également sur la question de la gestion intelligente de l’énergie avec l’unité de stockage d’Antugnac, dans l’Aude, dont la mise en service est imminente.










