Le président sortant de la chambre de métiers de l’Hérault, dont la liste est arrivée en tête aux dernières élections, réagit à la publication par plusieurs médias, dont La Lettre M, du rapport de trois inspectrices mandatées par le ministère de l’Économie et des finances sur sa gestion de la chambre (cf. La Lettre M n°1168).
Pour Claude Lopez, les inspectrices du ministère ont établi leur rapport « uniquement à charge ».« Elles sont venues pour croquer le président. Trois personnes, dans la chambre, ont dit que je détournais de l’argent, ce qui était, à l’évidence, faux. Elles sont venues pour trouver un mammouth et elles sont reparties avec une souris ! ». Il s’étonne que les inspectrices n’aient « pas tenu compte des 140 pages de réponse adressées par la chambre à leur pré-rapport. Leur rapport final se contente de reprendre la première version ». Il ajoute qu’il a porté plainte suite à la diffusion dans la presse du rapport, « qui aurait dû rester confidentiel ». Voici ses réponses sur le fond :
• Le rapport constate l’existence d’un « organigramme atypique » avec « deux directions très inégales (…), l’une hypertrophiée et sans véritable encadrement intermédiaire (…), l’autre très réduite aux fonctions et missions peu claires ».
- réponse de Claude Lopez : cette organisation « n’est pas unique, elle est identique à celle des autres chambres de métiers et de l’artisanat de la région. La CMA 34 a anicipé la régionalisation de ses services. Les directeurs sont chargés de plusieurs services assistés de responsables de services ».
• L’audit constate un « malaise social grave » lié à une « communication interne inadéquate ».
- réponse de Claude Lopez : « Les salariés sont inquiets de la régionalisation des CMA et ils ont vu leur statut modifié en 2009 », ce qui n’est pas, dit-il, de son fait. « Par ailleurs, certains postes, et en particulier les accueils, sont en contact avec un public difficile, ce qui est déstabilisant pour les salariés concernés. Nous en sommes bien conscients et prenons régulièrement des mesures (…) afin d’aider ces salariés. Certes, comme dans toutes les structures, il y a quelques salariés mécontents ».
• Le rapport épingle des promotions et des primes « attribuées de façon répétée et accélérée », pratiques « non conformes aux statuts ».
- réponse de Claude Lopez : « Dans un souci de motivation du personnel, la CMA avait mis en place il y a plus de 10 ans des augmentations de points et d’octroi de primes. Ce dispositif, qui avait été mis en place par l’ancien président, n’était certes pas conforme à l’ancien statut. Depuis, un nouveau statut du personnel a validé cette pratique. Tout le personnel a bénéficié de primes ».
• Le rapport dénonce les prestations de formations attribuées « en violation du code des marchés publics ».
- réponse de Claude Lopez : « La CMA 34 a suivi la position de l’APCM (niveau national des chambres de métiers) en matière de marché de formation. La CMA a toujours eu recours aux appels d’offres pour tous ses achats. Il n’en demeure pas moins que les textes concernant ce type de prestation sont en contradiction ».
• Les inspectrices relèvent « au coeur du dispositif de gouvernance », le rôle « essentiel » du président Claude Lopez. Elle assurent qu’ « au moins dans deux cas » ses indemnités ont été « allouées irrégulièrement », et, qu’en 2007, ses frais de réception ont subi « une poussée inflationniste ».
- réponse de Claude Lopez : « Les frais de mandat sont calculés sur le nombre de ressortissants inscrits à la chambre de métiers et de l’artisanat (22 000) ». Il ajoute que « la rémunération du président a été examinée en commission des finances et validée par l’assemblée générale ». Quant à l’augmentation des frais de « réception », elle est « liée », selon lui, à « la prise de fonction du nouveau président qui a dû se faire connaître en début de mandat des élus des collectivités locales et territoriales sur l’ensemble du département ». Ce frais ont été engagés « dans les deux premières années de son mandat ».
• L’audit pointe des « zones d’ombre » dans la situation professionnelle du président de la chambre : « Un constat d’huissier indique que le siège de son entreprise n’existe pas à l’adresse figurant au répertoire des métiers ».
- réponse de Claude Lopez : sa situation professionnelle est « claire » : le siège social de son entreprises « se situe au 6, rue de l’industrie, à Méze, telle que l’indique son inscription au répertoire des métiers et les photos prises par les membres de la mission. Les artisans du bâtiment réalisent leur activités sur chantier. En conséquence, ils ne passent pas leur journée dans leur atelier. Lors de la visite de l’huissier », il était « sur un chantier ». Claude Lopez montre les titres comptables de son entreprise à l’appui.