Au salon Serviciz, des spécialistes interrogent la place de l’IA dans les entreprises
« Aujourd’hui, la priorité des entreprises est de se former sur l’intelligence artificielle », déclare Magali Germond, cofondatrice de GoodAlgo et spécialiste dans l’éthique du numérique et de l’intelligence artificielle (IA), lors d’une table ronde animée par la CCI Toulouse 31 au salon Serviciz, le 5 octobre à Toulouse. À ses côtés, deux autres intervenants – Kévin Carillo (professeur-chercheur à TBS) et Patrick Séguéla (président de Synapse Développement) – se relayent pour apporter leur expertise dans le domaine de l’IA. Parmi les thématiques évoquées : l’impact de l’IA sur les métiers, les risques et opportunités pour les entreprises d’exploiter l’IA, les différentes pistes pour une utilisation responsable et éthique.
« Retrouver du sens dans notre métier »
« L’IA va changer le travail grâce à la délégation, estime Kévin Carillo, à la tête du centre d’excellence en intelligence artificielle de TBS Education. C’est le concept clé dans l’entreprise : déléguer une partie de ses tâches à un système d’IA pour pouvoir se concentrer sur d’autres missions. » Selon lui, l’IA va entraîner la disparition de certains métiers, mais aussi l'émergence de nouvelles spécialités et des bouleversements dans de nombreuses professions. « L’outil technologique va peut-être nous aider à retrouver du sens dans notre métier », ajoute Magali Germond.
Un projet solide
La cofondatrice de GoodAlgo met tout de même en garde les entreprises qui seraient tentées de se lancer dans l’IA générative (lorsqu’un système produit du contenu en réponse à une commande d’un utilisateur, comme par exemple ChatGPT) sans avoir un projet solide : « C’est une technologie très chère en termes de technologie, de compétences et d’énergie. On ne développe pas des projets d’IA qui n’ont pas de sens. Il faut déjà un gros volume de données pour obtenir de bons résultats. Et surtout, se poser les bonnes questions : est-ce que l’algorithme est bon pour l’Humanité ? Est-ce qu’il n’est pas discriminatoire ? » Patrick Séguéla, quant à lui, pointe du doigt un autre problème majeur : les solutions d’IA génératives proposées par les Gafam dans leurs produits ne sont pas adaptées aux problématiques de toutes les entreprises.
Former les entreprises
Pour les trois professionnels de l’IA, la priorité est donc la formation des entreprises. Magali Germond propose que les sociétés rédigent une charte d’utilisation des outils d’IA générative, plutôt que les refuser en bloc : « Il ne faut pas abolir la technologie, mais l’accueillir en se formant et s’informant. » Kévin Carillo abonde et conseille de suivre trois étapes essentielles avant d’envisager une utilisation de l’IA : « numériser les données, les collecter, puis les exploiter. »











