ASF lance le déplacement de l'A9 à Montpellier (850 M€)
Ce dédoublement (passage de 2X3 voies à 4X3 voies) consiste à sécuriser et fluidifier le trafic dans le secteur. Evoquant un « projet d’envergure nationale », la reconfiguration consiste à séparer les flux de transit et la circulation locale, qui cohabitent à ce jour sur l’A9 à hauteur de Montpellier. « 105 000 véhicules circulent en moyenne chaque jour, avec une forte proportion de poids lourds (+ de 20 %), et des pointes estivales à 160 000 véhicules par jour, a indiqué Salvador Nunez. L’Etat a considéré qu’il fallait régler le conflit entre le trafic de transit et le trafic local. Montpellier n’ayant pas de rocade, l’A9 accueille en effet les trafics locaux d’échanges et les flux de transit. »
Aux extrémités du projet (9 km à l’est, 4 km à l’ouest), ASF élargira la chaussée existante, qui passera de 2X3 voies à 2X6 voies. Sur la partie centrale, entre l’aire de Saint-Aunès et Saint-Jean-de-Védas (12 km, au sud de l’actuel tracé), une nouvelle autoroute, distincte de l’existante, sera réalisée.
Un investissement de 850 M€
Cette nouvelle autoroute, validée par une DUP de mai 2007, sera mise en service fin 2017. Elle consommera 180 ha de foncier et accueillera exclusivement le trafic de transit (qui ne s’arrêteront plus aux péages). L’A9 actuelle sera, elle, requalifiée et dédiée aux flux locaux. Piloté par ASF (Vinci Autoroutes), le chantier représente un investissement de 850 M€. Ce projet est d’intérêt général : les collectivités locales pourront connecter sur la section existante trois de leurs liaisons-clés (DEM, COM et LIEN), afin de doter la capitale régionale d’un boulevard urbain. « Le déplacement de l’A9 est intégré au plan de déplacements urbains de l’agglomération de Montpellier, a indiqué Salvador Nunez. C’est un projet exceptionnel pour l’agglomération de Montpellier, mais le grand public ne le connaît pas bien. Nous avons une grande envie de communiquer sur le projet. » Le chantier occasionnera « forcément » des désagréments : « Il y aura des perturbations. Pour être belle, il faut souffrir un peu. ASF minimisera au mieux les impacts. »
Le trafic actuel et de transit se répartiront « pour moitié sur l’autoroute actuelle et pour moitié sur la nouvelle autoroute. La circulation sera donc apaisée de fait sur le futur boulevard urbain », où des aménagements de protection acoustique seront installés.
Sous le pilotage d’ASF, Ingerop réalise les études de conception, coordonne le chantier et veille à la bonne exécution des travaux. ASF désignera les entreprises sur appels d’offres européens l’an prochain, pour un démarrage des travaux mi-2013. Une attention particulière sera portée sur le site e la future gare TGV. « Nous veillerons à une intégration de la nouvelle autoroute à la future gare TGV, qui préfigure le futur cœur d’agglomération de Montpellier. »
Les déviations de réseaux (gaz, électricité, télécommunication…) seront réalisées d’octobre 2012 au 2ème semestre 2014, pour un investissement d’environ 40 M€. « ASF finance mais n’intervient pas, via des conventions avec les concessionnaires de réseaux. »
Remblais
Trois millions de m3 seront nécessaires à la réalisation du déplacement de l’autoroute A9, a indiqué Salvador Nunez. « Il ne suffit pas de dessiner un projet, il faut les matériaux pour le construire ! Les capacités de production des carrières situées à proximité du chantier ne permettent pas de répondre à nos besoins. Il faudra trouver des ressources. Nous ne nous tournerons pas vers les carrières du nord de Montpellier. Ça serait ingérable, avec un impact trop fort sur la vie de Montpellier. On travaille avec l’Unicem et les instances de la préfecture. Des entreprises mènent déjà des démarches. »










