Agence de l’eau, priorités :barrages, économies, qualité
Le mot fait peur, alors on « euphémise » : retenues, stockage, réserves. Pourtant, il faudra de nouveaux barrages dans le bassin Adour-Garonne, face à un déficit de 220 millions de m3 annuel, des crises hydriques qui s’aggravent et vont s’accentuer. Marc Abadie, directeur de l’Agence de l’eau Adour-Garonne, a enfoncé le clou lors de la présentation du 10e programme d’interventions de son établissement (2013-2018) : « On ne peut pas continuer à payer pour des lâchers d’eau à partir des barrages EDF, qui ont coûté 3,3 M€ cette année. Ce n’est pas une solution normale et efficace. »
Stockages… et autres leviers. Le serpent de mer du barrage haut-garonnais de Charlas s’éloigne, place aux « réserves de substitution ». Et les études voire projets avancent en Ariège, Tarn-et-Garonne, Haute-Garonne ou encore Aveyron. Ainsi du barrage de Sivens, entre Tarn et Tarn-et-Garonne, lancé en 2007 et dont l’enquête publique a débuté (cf. mps n°1895). Une autre solution pour une gestion quantitative consiste… à économiser l’eau (105 M€ dédiés dans le nouveau programme, + 69 %). Le 10e programme vise 40 millions de m3 d’économie, soit la consommation annuelle de l’agglomération toulousaine. Un dernier levier est envisagé, suite à la mise aux normes récente des stations d’épuration : la réutilisation des eaux « épurées ».
1,9 Mds€ sur 6 ans. « Nous avons les moyens de notre politique, une vraie satisfaction dans un contexte de restriction » avance Marc Abadie. 1,9 Mds€ seront investis sur l’ensemble du bassin, entre 2013 et 2018. + 25 % de moyens, comparé au dernier programme pluriannuel, qui était lui-même en hausse de 20 %. Les contributeurs (particuliers, industriels, etc.), dont les redevances ont augmenté en 2009-2010, ne verront pas d’augmentation cette fois. Les agriculteurs voient malgré tout leur part passer de 2,7 à 7,5 %. « La fiscalité n’est pas punitive, elle sert des objectifs, insiste Marc Abadie. Nous accompagnons aussi sur l’efficience hydrique et l’agronomie. »
Qualité des eaux, territorialité. « Nous n’allons pas baisser la garde sur les pollutions et nous faisons un gros effort sur la qualité des milieux. Le rendez-vous sur le bon état des eaux du bassin est en 2015 » précise Marc Abadie. Dans le détail, le programme oriente 41 % de ses fonds aux luttes contre les pollutions (779 M€) et injecte 180 M€ pour la préservation des milieux aquatiques et la lutte contre les inondations. 240 M€ sont consacrés aux solidarités entre monde urbain et territoires ruraux.










