Réutilisation des eaux usées : un défi à relever
La Ville d’Agde va répondre, avec Suez, à l’appel à projets lancé par l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse pour permettre d’alimenter en eaux usées le golf de la commune. « Après avoir investi 12 M€ dans une station d’épuration classée A++ (50.000 EV), nous avons le projet de créer une conduite de 3 km pour que les eaux usées traitées par la station d’épuration alimentent le golf. Il s’agit d’un projet de 5 M€ que nous allons soumettre à l’appel à projets de l’agence de l’eau pour un aboutissement attendu au S1 2018 », indique Gilles d’Ettore, maire d’Agde et administrateur de l’Agence de l’eau, ce 11/5, lors d'une journée technique organisée à Montpellier. « Cet appel à projets prévoit que l’Agence de l’eau contribue à hauteur de 50 % dans les projets et jusqu’à 80 % sur les zones qualifiées de tendues en ressource, comme c’est le cas d’Agde », complète Laurent Roy, directeur général de l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse. Celui-ci confirme que « la réglementation évolue et accompagne les techniques sans prendre de risque sanitaire ». La question de l’acceptabilité sociale n’est plus, semble-t-il, un frein : « 70 % des habitants sont favorables à la réutilisation des eaux usées. Dans ce domaine, Montpellier est en retard », note René Revol, vice-président de la Métropole.
Lors de cette journée technique prônant l'économie circulaire, a été présenté le cas de Sainte-Maxime, dans le Var, qui recycle depuis 10 ans ses eaux traitées pour arroser ses espaces verts et son golf, économisant 12 % d'eau potable. La station d’épuration de Mauguio (34) est équipée d’une plateforme R&D pilote pour la réutilisation des eaux usées traitées (programme Nowmma qui vise à développer une filière complète) testée sur une parcelle engazonnée. Le projet de recherche est porté par la Saur autour d’un consortium (Apoh Technologies, BioUv, Mines Alès, Insa, BRL, Perax, Irstea). « A Murviel-les-Montpellier, un apport hydrique en goutte à goutte va être testé sur une parcelle viticole de 3 ha », annonce, René Revol, indiquant au passage que « 100 M€ doivent être investis dans l’extension et l’amélioration du traitement de l’eau de station d’épuration de Maera. La Métropole va répondre à l’appel à projets de l’Agence de l’eau pour les études. » Le Grand Narbonne, en partenariat avec l’Inra Puech Rouge, s’appuie aussi sur un consortium (Veolia, Cave de Gruissan, Aquadoc) à travers le programme Irrialt'eau, pour faciliter l’irrigation de vignes sur le terroir de Gruissan-La Clape. « Nous avons terminé la 1e phase expérimentale de 3 ans sur 1,5 ha alimentés en eau potable, eau brute et eau de qualité B et C. L’absence d’incidence sur les sols, les nappes, la vigne et le vin nous a conduits à la validation de l’utilisation des eaux de qualité B et C, explique Magali Vergnes, vice-présidente du Grand Narbonne. Notre ambition est d’expérimenter ce procédé sur des zones où l’absence d’eau compromettrait la viabilité des exploitations agricoles. Une réflexion est en cours avec les adhérents de la cave de Gruissan pour développer un démonstrateur sur une surface plus grande. »










