Circulation, transports, gaz à effet de serre… : l'opposition pointe le retard de la Métropole
Les embouteillages et la qualité de l’air à Toulouse ont été au cœur des débats du conseil métropolitain du 14 octobre. Quand l’élu d’opposition Pierre Lacaze (Groupe Toulouse Métropole solidaire de la gauche démocrate et républicaine) renomme le maire LR de la Ville rose Jean-Luc Moudenc « Monsieur Bouchons », l'élue d'opposition Isabelle Hardy relève le bilan « teinté d’inquiétude » de la première année de mandat du président de Toulouse Métropole. Et d'observer des retards dans les projets autour des transports et des mobilités : « L’annulation du Plan de déplacement urbain prouve qu’il n’était pas à la hauteur des urgences ; on le voit encore aujourd’hui avec l’engorgement de la métropole qui reste dans le triste palmarès des villes les plus embouteillées de France, avec pas moins de 14 h par mois perdues dans les bouchons, déclare-t-elle. Avec cette rentrée, dans un contexte sanitaire plus favorable qu’il y a six mois, nous faisons face au retour en présentiel et donc aux bouchons sur le territoire et à la résurgence des problématiques de mobilité ». Le temps presse, affirme Karine Traval-Michelet, élue socialiste en charge du logement et de l'habitat, face à l’urgence climatique et à la nécessité de réduire les gaz à effet de serre. Et de mettre l'accent sur le quotidien, « souvent très compliqué, particulièrement dans les communes de la deuxième couronne », avant d’évoquer les retards du chantier de la troisième ligne de métro.
Du retard dans les projets
Isabelle Hardy pointe elle aussi « tous les documents structurants qui ont été annulés, ce qui montre soit une forme d’incompétence soit un manque de vision face aux urgences environnementales sociales et démocratiques » et évoque une « part de responsabilité » en rappelant le retard pris notamment sur la ZFE (zone à faibles émissions). Elle interpelle également Jean-Luc Moudenc au sujet du téléphérique Téléo, « un projet que vous avez stoppé et qui pourrait être en service aujourd’hui car nous l’avions lancé sous notre mandat ». Sacha Briand, vice-président en charge des finances et de la modernisation de la collectivité, répond aux critiques soulevées : « La réalité est que notre agglomération est la 4e de France et n’est classée qu’en 9e position en termes de pollution. La politique de transports collectifs, d’offre de modes alternatifs de déplacement - notamment les modes doux - commence à porter ses fruits. » Le mouvement de grève au sein du groupe délégué à la gestion des transports, Tisséo, est lui aussi soulevé au cours des débats, ainsi que ses conséquences sur la circulation dans la métropole. « Notre soutien va aux salariés de Tisséo, qui continuent à s’opposer aux décisions prises notamment de mise en sous-traitance et de privatisation d’une partie des lignes voyageurs », indique Pierre Lacaze. Sacha Briand s’étonne « de voir ceux qui défendent le transport collectif aller applaudir ceux qui l’empêchent de fonctionner ».
Le budget LGV « n’est pas la priorité »
Alors qu'au cours de la séance, les élus sont appelés à voter pour le budget dédié à la création de la LGV Bordeaux-Toulouse, Maxime Le Texier annonce l’abstention de son groupe politique Archipel Citoyen, car, selon lui, « la priorité n’est pas de gagner 30 minutes sur le trajet Paris-Toulouse. En soutenant le projet de réaménagement de la ligne TGV actuelle, 300 M€ auraient été économisés. Imaginez si les transports du quotidien avaient pu bénéficier de ces fonds, engage-t-il. De quoi souffrent les habitants de la métropole ? Des transports du quotidien, leur asphyxie quotidienne. » Ce dernier critique le montant de la somme mobilisée (613 M€ par Toulouse Métropole, 747 M€ par le Département et 1,2 Md€ par la Région) par la Métropole « dans un objectif qui n’est pas du tout de notre compétence ». Et de conclure : « C’est autant d’argent que vous empilez à la dette commune (984 M€ pour le budget principal, NDLR) et qui n’ira pas à la santé et au bien-être des habitants ». Tandis que Pierre Lacaze, lui, y voit un axe « important pour l’aménagement du territoire » notamment pour son orientation vers l’Espagne.










