Une plateforme de recherche commune entre l’IRT Saint-Exupéry et Mécaprotec
Anticiper les besoins et proposer des innovations pérennes ainsi que fiables en faisant de la recherche collaborative : c'est l'objectif du partenariat entre l’IRT Saint-Exupéry et Mécaprotec, spécialiste du traitement de surface, et membre de cet institut. Ces deux derniers inaugurent, ce mercredi 30 septembre, une plateforme de recherche commune dédiée aux traitements de surface des matériaux pour l’aéronautique et le spatiale, suite à la signature de leur contrat lors du salon du Bourget en juin dernier. Une équipe de l’IRT va ainsi s’installer au sein du site Recherche et Développement Ecorev - 1 000 m2 - de Mécaprotec à Muret. « Nous allons mutualiser les moyens humains et techniques », insiste Gilbert Casamatta, président de l’IRT Saint-Exupéry, Mecaprotec étant la seule entreprise en France à s’occuper de cette spécificité. Pour l’entreprise, « l’avantage est d’avoir une position stratégique », explique Marc Lalanne, directeur général délégué de Mécaprotec « puisque l’IRT nous proposera tous les projets liés au traitement de surface. »
Un projet d’intérêt pour les PME
Le projet développé ? SurfInnov dont le premier procédé étudié est celui de l’oxydation micro-arcs. « C’est un procédé innovant qui va permettre de poser des revêtements sur des alliages métalliques pour apporter des propriétés anti-corrosion et des propriétés d’amélioration des frottements », explique Delphine Carronnier, directrice du domaine technologique matériaux à l’IRT. L’intérêt pour les PME est triple : réduire les coûts, améliorer les performations et développer des solutions alternatives propres qui sont conformes aux nouvelles réglementations environnementales notamment celle européenne dite Reach2. Car c’est également un procédé « vert ». « Aujourd’hui, la plupart des procédés chimiques utilisent des produits nocifs pour la santé », rajoute Delphine Carronnier. « Pour ce projet, l’IRT a investi 200 000 €, précise Ariel Sirat, directeur général de l’IRT Saint-Exupéry. Au total, c’est 1 M€ cumulé depuis le début entre Mécaprotec, l’IRT et la Région ». Martin Malvy, président de la Région MP, conclut : « On ne sortira notre pays de l’impasse qu'en rapprochant la recherche à un niveau élevé et l'entreprise ».
Le brevet
Au final, qui pourra acheter la licence ? « L’IRT demandera d’abord aux entreprises qui ont investi dans ce projet, détaille Ariel Sirat, directeur général d’IRT Saint-Exupéry. Ils devront l’acquérir au prix du marché. Si aucune ne fait d’offre, l’IRT le proposera à l’ensemble de ses membres et si toujours aucune offre n’est faite, on le proposera à n’importe quel industriel français ou étranger. » Pour l’heure, la partie théorique est terminée, suit maintenant les tests en laboratoire puis à l’échelle semi industriel au sein de la plateforme. Fin du projet : d’ici deux à cinq ans.
En chiffres :
- IRT Saint-Exupéry : c’est aujourd’hui 20 projets en cours. L’IRT est un partenariat public-privé 50-50 : 60 partenaires notamment 30 PME dont une dizaine de grand groupe (Airbus, Safran, Thales, Zodiac, Continental, etc.). Au total, ce sont 100 M€ de projets dont 45 financés par les PME. L’IRT compte 200 personnes et un régime permanent de 30 à 35 M€.
- Mécaprotec : c’est une société anonyme privée avec un effectif de 400 salariés sur les deux sites de productions à Muret et 230, en Tunisie. Le CA en 2014 était de 36 M€. En 2015, la société table sur un CA de 37 M€.
1 - IRT Saint-Exupéry est un accélérateur de recherche technologique pour l’aéronautique, l’espace et les systèmes embarqués à vocation mondiale.
2 - Selon un rapport du CNRS, APESA, INERIS, ANR, « en 2018, environ 30 000 produits chimiques produits ou commercialisés à plus d’1 Tonne/an seront enregistrés auprès de l’Agence Européenne des Produits Chimiques à Helsinki (ECHA) ou ne seront plus sur le marché. La commercialisation de certains produits sera soumise à autorisation et certaines restrictions seront décidées par l’Agence. »










