Toulouse School of Management veut se rapprocher davantage des entreprises
Toulouse School of Management (TSM) souhaite se rapprocher davantage des entreprises dans le cadre de la feuille de route 2025-2030 déployée par Julien Grobert, son nouveau directeur. Dans un contexte budgétaire contraint – l’école s’appuie sur un budget annuel consolidé de 18 M€ reposant à 70 % sur des dotations de l’État et à 30 % sur ses ressources propres –, TSM souhaite créer « une à deux chaires de recherche avec des entreprises partenaires, indique-t-il. Nous ambitionnons par ailleurs d’augmenter de 5 à 10 % notre nombre d’alternants pour arriver à 1 000 étudiants sur les 3 000 qu’accueille le campus. Enfin, nous voulons développer le mécénat afin de financer une dizaine de bourses étudiantes chaque année. »
Ouverture internationale
Ces actions, couplées à la stratégie d’ouverture internationale de l’école – elle accueille actuellement entre 15 et 18 % d’étudiants étrangers, avec des frais d’inscription différenciés par rapport aux étudiants français –, pourraient lui permettre de muscler son modèle économique et de renforcer son corps professoral avec le recrutement de cinq enseignants-chercheurs supplémentaires dans les cinq prochaines années. « Avec l’obtention de l’accréditation Equis, en 2023, nous avons démontré qu’il était possible de combiner excellence académique, service public et ouverture internationale, se réjouit le directeur. Notre modèle repose sur un équilibre subtil : servir l’intérêt général tout en rivalisant avec les meilleures écoles. Nous avons le même niveau d’excellence que des institutions privées ayant des moyens dix fois supérieurs aux nôtres… » L’école haut-garonnaise, qui revendique un taux d’insertion professionnelle de ses diplômés de 82 % à six mois, devra renouveler en septembre 2026 son accréditation Equis, octroyée pour une durée de trois ans.
L'Université Toulouse Capitole, futur « Grand établissement » ?
Cette ambitieuse feuille de route s’inscrit dans un contexte particulier pour l’école, qui fête ses 70 ans. L’Université Toulouse Capitole, dont TSM est l’une des composantes, projette en effet de se transformer en Grand établissement « en 2027 », précise à La Lettre M Hugues Kenfack, président. « Cela nous donnerait davantage de marge de manœuvre, estime-t-il. L’Université Toulouse Capitole est un établissement public expérimental (EPE) depuis 2023. L’expérimentation va prendre fin en 2028. D’ici là, elle aura été évaluée. Nous pourrons alors passer à l’étape du Grand établissement. »
Ce nouveau statut a déjà été adopté en 2023 par Toulouse School of Economics (TSE). Une prise d’autonomie qui avait été l’épilogue d'un long feuilleton, avec son lot de complexités et de crispations internes. En sera-t-il de même pour l’Université Toulouse Capitole, s’interroge La Lettre M ? « Il peut y avoir des freins car les pouvoirs publics sont en général plutôt réticents à accorder ce statut, reconnaît Hugues Kenfack le 7 octobre devant la presse. Mais l’expérimentation menée dans le cadre de l’établissement public expérimental a obtenu des résultats. » Et en interne, qu'en sera-t-il ? « Ce seront les mêmes difficultés que celles rencontrées lors de notre transformation en EPE, répond Hugues Kenfack. Les gens ont parfois l’impression que l’on change tout. Mais il faut s’adapter au monde qui change. »
Fondée en 1955, TSM est spécialisée dans la formation des managers. L’école, qui propose 17 Masters avec plus de 80 parcours différents, revendique 23 000 diplômés et près de 100 universités partenaires sur tous les continents. Elle abrite un laboratoire de recherche, TSM-Research (UMR CNRS-UT Capitole), accueillant 59 enseignants-chercheurs et 60 doctorants. L’équipe pédagogique de TSM comprend également plus de 450 formateurs vacataires.











