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Haute-Garonne
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Education - Formation
| 4/03/2022

A l'UT1, l'autonomie programmée de TSE inquiète

La transformation programmée de TSE en Grand établissement autonome suscite de l'inquiétude au sein de la communauté universitaire, a assuré le 3 mars à La Lettre M Sylvie Laval (UT1). La maître de conférences en sciences de l'information et de la communication - également membre du conseil de faculté d'administration et de communication (Université Toulouse 1 Capitole - UT1) et du conseil d'administration de l'Université fédérale Toulouse Midi-Pyrénées - y voit le signe d'une opposition entre « deux conceptions de l'enseignement et de la recherche ». Et l'universitaire, dénonçant un « modèle à deux vitesses », de s'interroger : « Veut-on d'un côté une école de l'élite et de l'autre une université accueillant tous les publics ? »

Une situation jugée « paradoxale » à l'UT1
Pour Sylvie Laval, « si le projet de transformation de TSE en Grand établissement se réalise, alors ce serait inextricable ». En cause, selon l'universitaire, des problématiques liées aux locaux à 50 M€ de TSE, inaugurés récemment, ainsi qu'à un certain nombre de ressources humaines liant les deux entités. Mais pas seulement. « La situation est paradoxale, a-t-elle estimé. Car depuis quelques années, on pousse les universités et les établissements à se rapprocher, voire à fusionner. Et là, on annonce que TSE deviendrait autonome. Il est d'ailleurs étonnant de constater qu'une composante discute directement avec l’État, sans passer par la gouvernance de l'université. Si TSE part, il faut que l'UT1 ne soit pas spolié. Qui peut dire par ailleurs si, demain, d'autres composantes ne vont pas demander à faire sécession ? »

Une transformation « indispensable », selon TSE
Lors d'une rencontre avec Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation, Hugues Kenfack, président de l'UT1, a rappelé le 28 février son opposition à la transformation de TSE en Grand établissement. « Au cours de cet échange cordial, Madame la ministre a pris bonne note des réserves et oppositions portées par l’université et s’est engagée à d’autres échanges », a indiqué l'UT1 dans un communiqué. L'autonomie de l'école d'économie TSE, jusque-là composante de l'UT1, viendrait « compromettre les chances de succès du projet toulousain auprès du jury international », a estimé l'université, faisant allusion à l'appel à projets « ExcellencES » du Programme d'investissements d'avenir, auquel a répondu la ComUE (Communauté d'universités et établissements) toulousaine via le projet Tiris. Le 22 février, Christian Gollier, DG de TSE, expliquait à La Lettre M les raisons de ce changement de statut. « Dans le cadre de la compétition internationale, nous disposons d'un certain nombre d'atouts, estimait-il. Mais notre organisation est devenue une énorme usine à gaz, avec un patron de TSE qui n'est pas employeur de ses propres équipesNous le savons, la France est championne du monde des institutions complexes ; mais ça devenait un handicap énorme. Cette transformation était indispensable. »

Alexandre Léoty / leoty@lalettrem.net
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