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| 28/02/2022

TSE autonome : l'UT1 dénonce une annonce « brutale »

L'Université Toulouse 1 Capitole a estimé que la transformation de TSE en Grand établissement constituait « une annonce brutale et sans concertation qui remet au cause l'autonomie des universités ». L'UT1, qui abrite la Toulouse School of Economics, a demandé au gouvernement de « clarifier sa position » le 25 février dans un communiqué de presse, assurant que cette décision crée « un précédent qui remet en cause l’autonomie de toutes les universités françaises, car désormais toute composante aurait la possibilité de déstructurer son université en obtenant le statut de grand établissement ». Sur Twitter, Christian Gollier, DG de TSE, a assuré le 27 février être « prêt à négocier avec la présidence d’UT1 sans aucune pré-condition ».

Et l'universitaire, dont l'école est jusque-là hébergée dans les locaux de l'UT1, de préciser sur le réseau social : « Notre indépendance est pacifique et soutiendra tous les projets académiques porteurs de valeurs positives pour notre université et pour le site toulousain. » Dans son communiqué de presse, l'UT1, elle, a assuré qu'elle « ne saurait accepter une forme de démantèlement de l’établissement. Cette décision aura des conséquences importantes pour l’université, pour TSE ainsi que sur la construction du site toulousain ». Hugues Kenfack, président de l’UT1, a saisi à la fois le gouvernement et France Universités, instance rassemblant les dirigeants des universités et établissements d'enseignement supérieur et de recherche du pays.

Des mois de crispations
Cette passe d'armes fait suite à l'annonce, le 22 février, de la future transformation de TSE en Grand établissement. « Dans le cadre de la compétition internationale, nous disposons d'un certain nombre d'atouts », a assuré ce jour-là Christian Gollier à La Lettre M, déplorant que l'école d'économie toulousaine ne dispose pas jusque-là de « la gouvernance pour piloter sa stratégie ». « Notre organisation est devenue une énorme usine à gaz, avec un patron de TSE qui n'est pas employeur de ses propres équipes, a-t-il ajouté. Nous le savons, la France est championne du monde des institutions complexes ; mais ça devenait un handicap énorme. Cette transformation était indispensable. »

Cette annonce a constitué le nouvel épisode d'un feuilleton qui agite l'écosystème universitaire toulousain depuis plusieurs mois. Dans le cadre de l'appel à projets « ExcellencES » du Programme d'investissements d'avenir (PIA 4), deux camps se sont en effet un temps opposés. Alors que TSE, l'Isae-Supaero et l'Université Toulouse 3 Paul Sabatier souhaitaient créer une entité commune nommée Toulouse Tech University (TTU) pour « faire émerger Toulouse comme un pôle d'excellence »les discussions relatives à un potentiel compromis ont tourné court. Un seul dossier toulousain a finalement été déposé le 1er février dernier : Tiris (Toulouse Initiative for Research Impact on Society), porté par la ComUE (Communauté d'universités et établissements) toulousaine. Interrogé par La Lettre M sur le calendrier, Christian Gollier a assuré le 22 février que le futur changement de statut de TSE ne constituait « en aucun cas une tentative de déstabilisation du projet Tiris ».

Alexandre Léoty / leoty@lalettrem.net
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