À Toulouse, le ministre de l'Industrie promet 425 M€ pour soutenir la filière aéronautique
En visite à Toulouse le 18 novembre, le ministre délégué chargé de l’Industrie, Marc Ferracci, annonce la mise en place du fonds Aero Partenaires 2 d'un montant de 425 M€ à destination d'une filière aéronautique en tension. « Cela va permettre aux entreprises d’assumer les investissements pour permettre la montée en cadence », précise-t-il depuis le site de Launaguet de la société Nexteam (47), spécialiste de la fonderie, de l'usinage et de la tôlerie dans le secteur aéronautique. « L’aéronautique est confrontée au défi de la compétition internationale et de la transition écologique, poursuit Marc Ferracci, aux côtés de la présidente de Région Carole Delga. Nous sommes fiers de la soutenir, État comme Région. »
Le pari de la numérisation
Le ministre s’est rendu dans la Ville rose pour rencontrer des entreprises de l’aéronautique et du spatial à l’occasion du lancement de la Semaine de l’industrie. Fournisseur de rang 1 pour de grands donneurs d’ordre comme Airbus, Safran et Dassault Aviation, Nexteam a accueilli Marc Ferracci et Carole Delga dans l’après-midi pour une visite de son site de Launaguet, qui compte 106 salariés. « Cette entreprise illustre très bien la dynamique de la filière aéronautique, qui représente 210 000 emplois en France et 30 000 recrutements par an », estime le ministre. Le groupe de 2 200 salariés, dont les activités concernent principalement l’aérospatial (76 %) et la Défense (15 %), s’est relevé de la crise du Covid-19 et retrouve « une performance comparable malgré l’inflation », précise Ludovic Asquini, président, qui a fait le pari de la numérisation de la chaîne de valeur sur l’ensemble du groupe. Il table sur un chiffre d’affaires de 337 M€ en 2024, en progression de 21 % par rapport à l’année dernière.
Projet Hexagon pour Loft Orbital
Plus tôt dans l’après-midi, Marc Ferracci et Carole Delga ont rencontré les équipes de la start-up franco-américaine du NewSpace Loft Orbital, qui compte 250 salariés, dont une centaine dans ses bureaux toulousains. L’occasion pour Emmanuelle Meric, directrice France, de rappeler le projet Hexagon, pour lequel la jeune pousse a reçu des subventions de l’État grâce au plan France 2030 : « L’objectif de ce programme, sur lequel nous travaillons depuis deux ans, est de déployer une constellation de cloud spatial. Les premières phases d’analyse, d’études préliminaires d’infrastructures et de tests en orbite sur un satellite précurseur ont été menées. Nous réfléchissons désormais à la commercialisation et au passage à l’échelle. » Ce projet doit permettre de faire de « la détection en vrai temps réel sur les satellites ».
500 M€ de commandes
La start-up, qui adresse tous les marchés, opère actuellement quatre satellites en orbite et projette de déployer deux constellations de dix microsatellites l’année prochaine, l’une pour la Défense américaine et l’autre pour le groupe canadien EarthDaily Analytics. « Loft Orbital est essentiel dans cette nouvelle reconfiguration du marché du satellite, estime la présidente de Région. Il est important d’avoir ces start-up qui permettent d’être présents dans ce nouveau marché, en lien avec la politique européenne. » Née en 2017 dans la Silicon Valley, l’entreprise s’est récemment associée à la société spatiale Marlan Space pour créer Orbitworks, une coentreprise aux Émirats arabes unis axée sur la construction de satellites et le développement de solutions d'intelligence artificielle pour le spatial. « Nous allons développer un centre d’intégration et de test de nos satellites à Abu Dhabi pour développer la partie export de nos activités », indique Emmanuelle Méric. En pleine croissance, Loft Orbital a enregistré près de 500 M€ de commandes depuis sa création.











