Retards de livraison, défis industriels, résultats en baisse… : un début d’année sous tension pour Airbus
Alors que son rival américain Boeing monte en cadence, Airbus enregistre un début d’année relativement poussif avec un chiffre d’affaires trimestriel en recul de 7 % sur un an, à 12,7 Md€. Au cours des trois premiers mois de l’année, le groupe aéronautique et spatial toulousain a livré 114 avions commerciaux – dont 19 appareils de type A220, 81 avions de la famille A320, trois A330 et onze A350 –, contre 136 durant la même période en 2025. En conséquence, le chiffre d'affaires généré par ses activités avions commerciaux recule de 11 %, à 8,4 Md€. Dans ce contexte, le bénéfice net du groupe de 160 000 salariés recule de 26 %, à 586 M€, tandis que son Ebit ajusté consolidé chute de 52 %, à 300 M€.
À noter, néanmoins : au cours du premier trimestre de l’année, les livraisons de la division Helicopters progressent, avec 56 unités contre 51 un an auparavant. De même, le CA d'Airbus Defence and Space grimpe de 7 % sur un an pour atteindre 2,8 Md€.
Un environnement à la fois « dynamique et complexe »
« Les résultats du premier trimestre reflètent le niveau plus faible des livraisons d'avions commerciaux et la solide performance de notre division Défense et Espace, analyse Guillaume Faury, président exécutif du géant européen. L'environnement opérationnel demeure dynamique et complexe. Nous suivons de près l'impact potentiel de l'évolution rapide de la situation au Moyen-Orient. » Côté production, l'heure est à la montée en cadence. « Dans le secteur de l'aviation commerciale, nous poursuivons l'augmentation de notre production conformément à notre plan malgré la pénurie de moteurs Pratt & Whitney, assure le dirigeant. Dans le domaine de la défense, notre priorité reste de répondre à la demande mondiale en augmentant la production de l'ensemble de notre portefeuille de produits et de services. »
Malgré les nombreux défis industriels qui demeurent à relever, le groupe toulousain maintient son objectif de production mensuelle de treize avions de type A220 à horizon 2028. Directement impactée par les retards de livraison des moteurs Pratt & Whitney, la famille A320 devrait quant à elle atteindre une cadence de production mensuelle de 70 à 75 appareils d'ici à fin 2027, se stabilisant par la suite à 75 appareils. Enfin, Airbus maintient son objectif d'une cadence de cinq appareils pour le programme A330 en 2029 et de douze avions pour le programme A350 en 2028.
Maintien des objectifs 2026
Dans ce contexte, le groupe fait le pari d’un maintien de sa feuille de route 2026. Dans l’hypothèse de « l'absence de perturbations supplémentaires du commerce mondial, de l'économie mondiale, du trafic aérien, de la chaîne d'approvisionnement, de ses opérations internes et de sa capacité à fournir ses produits et services », Airbus table toujours cette année sur « environ 870 livraisons d'avions commerciaux », un Ebit ajusté « d’environ 7,5 Md€ » et « un flux de trésorerie disponible avant financement client d'environ 4,5 Md€ ».
Le groupe haut-garonnais, qui a livré l’an dernier 793 avions commerciaux à 91 clients dans le monde, a enregistré 73,4 Md€ de chiffre d’affaires consolidé (+ 6 %), un Ebit ajusté de 7,1 Md€ (contre 5,4 Md€ en 2024) et un bénéfice net consolidé de 5,2 Md€ (contre 4,2 Md€).











