Reprise « forcée » de Médria pour ITK ?
Ce jeudi, le tribunal de commerce de Rennes pourrait obliger l’éditeur de solutions d’aide à la décision pour l’agriculture ITK (Clapiers, 34) et son partenaire rennais CCPA à reprendre le spécialiste du monitoring des élevages bovins Medria Technologies* (Châteaubourg, 35) aux conditions d’une offre déposée en mai, portant sur la totalité des emplois d’alors (24 salariés). ITK-CCPA en conteste la validité : « Notre offre de mai comportait une date limite de validité, soit le 30/6, affirme à La Lettre M le président d’ITK, Éric Jallas. Or, fin juin, au lieu de prendre une décision, le tribunal a repoussé de près de quatre mois sa décision. Depuis, ITK a dû embaucher lui-même pour honorer un contrat que nous pensions confier à Medria, et la situation de Medria n’a cessé de se dégrader. »
Lors de l’audience du 6/10, le tribunal de commerce de Rennes a considéré valide l’offre de mai d’ITK-CCPA (l’article L642-2 du code du commerce indique qu’une offre « lie son auteur jusqu’à la décision du tribunal arrêtant le plan »). Il a refusé d’examiner une autre offre soumise fin septembre par ITK-CCPA avec le distributeur de Medria Seenergi, portant cette fois sur 14 salariés.
« Si le tribunal décide de nous imposer la première offre, nous serions obligés de l’appliquer, concède Eric Jallas, mais nous ferions appel. Malheureusement, l’appel n’est pas suspensif. » Le hic est qu’une reprise aux conditions de mai rendrait, pour Eric Jallas, très difficile le redressement de Medria : « Il y a beaucoup de chances de rater l’opération.... La réalité économique ne peut pas être contrainte par une décision de justice. » Le dirigeant craint également des répercussions sur ITK, qui emploie 65 salariés à Montpellier.
Le chef d’entreprise héraultais a alerté des élus locaux et le ministère de l’Agriculture, qui a saisi deux commissaires au redressement productif pour suivre le dossier. Mais la décision revient au tribunal de commerce de Rennes.
* Créée en juin 2004, Medria a réalisé un CA de 3,9 M€ (à mars 2015) avec 37 salariés ; elle a été placée en redressement le 2/3/2016. Le tribunal de commerce a prolongé fin août de 6 mois la période d’observation.










