L’Occitanie prête à relever le défi des parcs commerciaux d'éolien flottant
À deux ans de la mise en service des fermes-pilotes et de la désignation des lauréats des futurs parcs commerciaux d’éolien flottant en Méditerranée, les acteurs se préparent pour être prêts à temps. En 2021, les deux fermes-pilotes portées par les consortiums EolMed (Qair, Quadran energies marines) et EFGL (Engie) rentrent dans une phase active du projet, soit six éoliennes (60 MW) construites au large de Gruissan/Port-La-Nouvelle et Leucate/Le Barcarès à l’horizon 2022-2023. « Les deux projets n’ont eu aucun recours. Les chantiers démarreront courant 2021 », se satisfait Didier Codorniou, 1er vice-président de la Région délégué à l’économie maritime lors de la visio-conférence qui s’est tenue dans le cadre du forum EnerGaïa.
Un port de la transition énergétique exploité par une semop
À ce stade, les travaux de modernisation et d’extension du port de Port-la-Nouvelle (soit 234 M€, Région Occitanie : maître d’ouvrage) vont s’accélérer. deux raisons à cela : le port est appelé à devenir le port de la transition énergétique et écologique et un débat public en vue des futurs parcs commerciaux éoliens flottants (deux parcs commerciaux de 250 MW) sera lancé en 2021 avec une attribution aux opérateurs en 2022. « Le quai de 200 mètres et le terre-plein de 7 ha seront livrés au 1er semestre 2021. Il est aussi prévu une digue en mer de 700 mètres et une opération de dragage », annonce Didier Codorniou.
En parallèle, une semop (société d’économie mixte à opération unique) va être créée pour assurer l’exploitation de l’infrastructure portuaire. « La semop sera présentée lors de la commission permanente qui se tient le 11 décembre. Ce sera la première semop créée pour un port de commerce. La Région sera actionnaire à hauteur de 34 % aux côtés d’investisseurs privés et sera impliquée comme exploitant portuaire », précise Didier Codorniou. La semop va permettre de poursuivre les travaux sur le port avec la création d’un nouveau quai et d’un môle (ouvrage d’accostage) et contribuer à l'accélération de l'activité sur la plateforme portuaire. Ce statut public/privé est un atout, selon France Energie Eolienne.
Des retombées pour les entreprises et l’emploi
Si les fermes pilotes sont bien engagées, les acteurs - que sont la Région Occitanie, Ad’Occ (agence de développement régionale), Cemater (cluster), Wind’Occ (groupement d'entreprises), Pôle Mer (cluster) et les entreprises - s’activent pour relever le défi des parcs commerciaux. « C’est un vrai défi de capter les entreprises susceptibles d’intervenir sur les chantiers des fermes pilotes et des futurs parcs. Nous avons identifié 120 entreprises intervenant sur la chaine de valeurs dont 60 % sont issues d’Occitanie », souligne Didier Codorniou qui travaille aux côtés du préfet d’Occitanie pour flécher d’éventuels dispositifs du Plan de Relance pour accompagner les entreprises régionales à se positionner.
« L’Occitanie a la capacité d’exercer le leadership de l’éolien flottant », estime Christophe Clergeau coordinateur du cluster maritime. Déjà, l’association d’entreprises Union maritime nouvelloise (Umano, 15 sociétés) s’est positionnée sur l’appel d’offre du consortium EFGL pour créer une base de vie et la maintenance. En termes d’emplois et de formation, la Région, Ad’Occ et le Pôle mer estiment les retombées à 3 000 emplois directs et indirects créés sur les 10 à 15 ans à venir. 76 % de ces emploi liés aux énergies renouvelables en mer seraient industriels, selon l’observatoire des énergies de la mer. Enfin, la montée en compétence sera nécessaire et déjà Wind’Occ a identifié les lycées de Sète et Nîmes ainsi que l’IES institut d’électronique) à Montpellier.










