Les jeunes, « déconnectés » de l'entreprise ?
D’après un sondage publié le 12 novembre par l’institut Odoxa pour Baker Tilly à l’occasion du Festival Think Forward, le constat est sans appel : la nouvelle génération serait « déconnectée » de l’entreprise et de ses enjeux.
Réalisée à la fois auprès de jeunes salariés et de managers, l’étude met en avant une forme de déconnexion des jeunes vis-à-vis de l’entreprise. Avec un chiffre choc : 79 % des managers – chefs d’entreprise ou cadres – interrogés estiment que « les jeunes générations sont plus difficiles à manager que les générations précédentes », indique Gaël Sliman, président d’Odoxa. Pour créer de l’engagement auprès de ces recrues, il convient ainsi tout autant, de l’avis des encadrants, de « les motiver sur le long terme », de gérer leurs attentes « vie pro-vie perso » et de répondre à leurs « besoins d’épanouissement personnel ». Dans le cas contraire, ces salariés nouvelle génération ne resteraient pas au sein de l’entreprise ; car de l’avis de 85 % des managers, les jeunes actifs, plus enclins au mouvement et au zapping que leurs aînés, sont « moins fidèles ou attachés à leur entreprise » que leurs collègues plus âgés.
Quid de la « valeur travail » ?
Et les premiers concernés, qu’en pensent-ils, au juste ? Interrogés eux aussi par Odoxa dans le cadre de cette étude, les tenants de la nouvelle génération – c’est-à-dire les 18-34 ans – voient dans la fameuse « valeur travail » un élément moins important qu’il ne l’était auparavant. Un tiers d’entre eux seulement estime ainsi que le travail est un élément nécessaire à l’épanouissement personnel. Et pour 56 % des jeunes interrogés, exercer un métier passionnant est, au mieux, un bonus « pas nécessaire » ou, au pire, quelque chose d’« inutile », relève Gaël Sliman. De la sorte, comme le pressentaient les managers, en vue de maintenir les jeunes salariés motivés au sein de l’entreprise, il est plus que jamais impératif de concilier des attentes qui, sur le papier, pourraient parfois sembler contradictoires : car les deux principaux moteurs de motivation de la nouvelle génération au travail sont aujourd’hui la rémunération (à hauteur de 40 %) et l’épanouissement personnel (35 %). Dans ce paysage renouvelé et parfois complexe à appréhender, certaines entreprises disposent cependant d’un atout majeur en vue d’attirer, mais aussi de fidéliser, les jeunes talents : leur taille. Car si les Français étaient déjà presque deux fois plusnombreux – 48 % contre 25 % – à préférer travailler dans des petites structures, la tendance est encore plus nette lorsque l’on interroge les 18-34 ans. Ces derniers sont en effet 51 % à préférer évoluer dans des entreprises de taille réduite, contre 18 % pour de grandes organisations.











