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Haute-Garonne
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Immobilier
| 20/12/2024

Le groupe toulousain LP Promotion résiste à la crise et aborde 2025 « avec sérénité »

Pierre Aoun, directeur général du groupe immobilier LP Promotion
© LP Promotion

Pierre Aoun, directeur général du groupe immobilier toulousain LP Promotion, dresse pour La Lettre M un bilan de l’année 2024 en demi-teinte. Grâce au développement de trois segments – la résidence de services, l’accession à la propriété et la réhabilitation – et au renforcement du maillage territorial, le groupe devrait atteindre 270 M€ de chiffre d’affaires. Malgré l’instabilité politique actuelle, le dirigeant « aborde 2025 avec sérénité » et espère retrouver de la rentabilité dans ses opérations. « Nous souhaitons renforcer l’activité de nos neuf agences et prévoyons un effectif de 300 salariés l’an prochain », poursuit-il. Le groupe devrait atteindre 80 résidences gérées en 2027, à raison d’une dizaine livrée chaque année.

Quel bilan dressez-vous pour l’année 2024 ?
Cette année a été très compliquée pour la profession. Malgré tout, le groupe LP Promotion devrait atteindre 270 M€ de chiffre d’affaires (contre 256 M€ en 2023, NDLR). En effet, nous avons réussi à accélérer sur trois axes de développement, anticipant la fin du dispositif Pinel dès fin 2022, et à nous ouvrir à de nouvelles régions. En résumé, nous avons dilué le risque en développant des programmes diversifiés en termes de type de projet et de zone géographique.

Quels sont les trois segments sur lesquels vous avez accéléré ces dernières années ?
Nous avons tout d’abord accéléré sur la résidence de services. Nous en comptons une quarantaine en exploitation et prévoyons d’en livrer une dizaine par an, de trois types : seniors, étudiants et hybrides. Depuis quelques années, nous développons aussi les territoires porteurs sur l’accession à la propriété, notamment l’Île-de-France, l’Auvergne-Rhône-Alpes, le Pays basque, La Rochelle, Montpellier et Nantes. Enfin, nous avons décidé d’accélérer sur la réhabilitation, avec la création de notre filiale Version Pierre en septembre dernier. L’objectif n’est pas de faire uniquement de la résidence gérée puisque nous allons surtout nous concentrer sur le logement classique sur des immeubles de standing situés dans les hypercentres de villes secondaires.

Quelle est la situation du logement ?
Aujourd'hui, le déficit de logement classique dans les grandes métropoles est frappant. Il y a beaucoup plus de demandes que de logements à pourvoir. J’attends de cet énième gouvernement qu’il prenne en considération le logement dans toute l’importance qu’il revêt. J’espère que le prêt à taux zéro, qui devrait être renforcé, le sera car il y a une forte demande. La réduction du loyer de solidarité plombe les bailleurs sociaux, qui doivent continuer à acheter de manière structurelle le logement. Avec la fin du dispositif Pinel, il va falloir trouver une solution pour encourager la production de logements locatifs. Le LLI (logement locatif intermédiaire, NDLR) devait remplacer le Pinel, mais cela nécessite des fonds importants des institutionnels. Pourquoi ne pas faire du LLI aux particuliers ?

Comment se profile l’année 2025 ?
Je ne suis pas pessimiste. J’aborde cette année avec sérénité eu égard à notre diversification et dans un contexte où les taux d’intérêt vont baisser, ce qui va donner un peu d’air dans la capacité d’emprunt des ménages. Notre challenge reste de retrouver de la rentabilité dans nos opérations. Nous prévoyons d’ouvrir une quinzaine de résidences gérées en France et devrions aussi lancer commercialement plusieurs projets dans nos agences.

L’an dernier, vous aviez indiqué à La Lettre M vouloir atteindre une centaine de résidences gérées à horizon 2027 en vue d'intégrer le top 10 national sur ce marché. Est-ce toujours un objectif ?
Nous devrions atteindre environ 80 résidences gérées en 2027. Notre objectif est d’être un acteur important du marché. Nous souhaitons renforcer l’activité de nos neuf agences et ne prévoyons pas d’ouverture prochainement. Sur l’activité promotion, nous avons connu une baisse de 20 % des effectifs entre 2022 et 2024. Mais les recrutements ont changé, ils sont adaptés au changement de paradigme. Avec les recrutements récents liés à l’activité de réhabilitation et au renforcement des effectifs dans nos agences, nous prévoyons d’atteindre environ 300 salariés l’an prochain.

Propos recueillis par Laurie Correia / correia@lalettrem.net
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