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Immobilier
Le Gard veut accélérer la construction de logements sociaux
Comment améliorer l’offre de logement social dans un département où 14 000 demandes sont déposées chaque année, pour seulement 4 000 logements attribués ? C’est la problématique évoquée tout au long des premières assises de l’habitat du Gard, organisées aujourd’hui au Pont du Gard. « Les besoins annuels en logements sociaux sont estimés à 1 200 selon le Plan de Développement de l’Habitat), et la moyenne de logements sociaux financés est de 700 depuis cinq ans », rappelle le président du conseil général, Damien Alary, en ouverture de ces assises. Pour l’élu, « l’enjeu ne porte pas sur le logement social mais le logement pour tous. 80 % des ménages peuvent y prétendre d’après les critères d’attribution du logement social ».
Un taux d’équipement de 13 %
« Le logement social est aujourd’hui intégré dans le cadre du développement du logement privé avec un taux d’équipement de 13 % pour le département, contre 17 % au niveau national », a indiqué Denis Olagnon, secrétaire général de la préfecture. « 4 800 ménages supplémentaires viennent s’établir, chaque année, sur le territoire. Cet afflux démographique pousse les prix du foncier à la hausse sur des territoires confrontés à un autre phénomène, celui du vieillissement de la population. Les personnes âgées de plus de 60 ans représentent 25 % de la population contre 23 % au plan national. Cette frange de la population, occupant des logements anciens, est particulièrement concernée par la précarité énergétique. Il faut donc stimuler la création de logements sociaux pour enrayer ce différentiel et soulager le mal logement. »
« On construit pour les riches »
Soutenir la construction est essentiel pour les acteurs publics. L’importante crise actuelle que connaît le logement pèse encore plus fortement sur l’ensemble du département, en induisant la réduction importante des carnets de commande des entreprises du bâtiment, la cessation d’activités de nombreuses entreprises et la suppression d’emplois conduisant à la précarité. « Nous devons lutter contre l’exclusion. Les compétences du Département vont être redistribuées. En attendant, le Département doit continuer à remplir sa mission de solidarité et répondre à de nouvelles demandes de logements sociaux », a précisé Damien Alary, qui fustige « les promoteurs (qui) agissent sans jouer de partenariat avec l’action publique : on construit pour les riches. C’est dommageable car cette situation est un premier pas vers l’exclusion ».
Pour Martin Delord, vice-président du conseil général, il faut « changer de logiciel pour affronter cette situation tendue compte tenu de l’état des finances publiques, qui ne laisse pas prévoir d’amélioration du niveau du budget consacré au logement social ». Selon lui, « le modèle qui faisait jusqu’ici référence en matière de politique du logement devient inadapté. Pour les personnes âgées, la construction des maisons de retraite n’est plus la solution car qui pourra demain payer 2 500 euros par mois de loyer. Il faut innover trouver d’autres structures et partir du budget que l’occupant est capable de consacrer au poste logement. »
Feuille de route
Dans le Gard, toutes les communes ne font pas l’objet d’une politique de l’habitat. Pour celles-ci, le PDH, élaboré par le conseil général et la DDTM, fait office de feuille de route pour définir des politiques du logement sur les six prochaines années sur leur territoire, tout en identifiant leur rôle et celui des EPIC. 6 250 logements sont à construire chaque année, contre 5 800 sur la période 2007-2011, en luttant contre la spécialisation de certains territoires et en donnant une priorité au sud du département et aux axes urbains et interurbains ( secteurs de Montpellier, Nîmes, Bagnols-sur-Cèze et Alès).










