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Haute-Garonne / Tarn
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Transports - Logistique
| 30/06/2026

Le Conseil d'État valide définitivement le projet de l'A69

Le chantier à Castres en juin 2024
© Atosca

Le Conseil d'État valide le 29 juin l'autorisation environnementale de l'A69. Il met ainsi fin au principal contentieux qui pesait sur le projet en confirmant son caractère de « raison impérative d'intérêt public majeur ». La décision ouvre la voie à la poursuite du chantier de cette autoroute de 53 km entre Toulouse et Castres, présentée par ses défenseurs comme un levier de désenclavement économique du sud du Tarn. « Le temps de la justice est achevé. Le temps de la réalisation doit pleinement reprendre », réagit Christophe Ramond, président du Département du Tarn. De son côté, le collectif La Voie est libre (LVEL) dénonce « le déni climatique » et estime que « le droit de l'environnement vient d'être enterré ».

Le Conseil d'État confirme l'arrêt rendu fin décembre 2025 par la cour administrative d'appel de Toulouse, qui avait annulé la décision du tribunal administratif de Toulouse de février 2025. Le tribunal avait en effet estimé que le projet ne répondait pas à une raison impérative d'intérêt public majeur (RIIPM), condition nécessaire pour justifier les atteintes à l'environnement.
Dans sa décision, la haute juridiction administrative retient que l'A69 répond à quatre objectifs : réduire le temps de trajet entre Toulouse et Castres, améliorer le cadre de vie des riverains, renforcer la sécurité routière et contribuer au développement de l'agglomération castraise. Elle estime par ailleurs qu'aucune des alternatives envisagées – aménagement du réseau existant, mise à deux fois deux voies de la RN126 ou amélioration de la desserte ferroviaire – ne répond « de manière aussi efficace » à ces quatre objectifs.

« Une humiliation pour le Tarn »
Pour les collectivités favorables au projet, cette décision met un terme à plusieurs années d'incertitude juridique. Christophe Ramond salue « une décision historique pour le Tarn », qui « s'impose à tous ». Pour l’élu, l'autoroute est « indispensable au désenclavement du sud du Tarn, à son développement économique, à son attractivité et à la sécurité des usagers » et rapprochera durablement le bassin de Castres-Mazamet de la métropole toulousaine. Il s'interroge néanmoins sur « le coût des mois d'interruption du chantier » et appelle à une évaluation « avec la plus grande transparence ».
« C’est une humiliation pour le Tarn ! », s’insurge de son côté LVEL. Le collectif citoyen dénonce une décision qui « entérine la réalisation de l'A69 » dans « un monde qui brûle ». Les opposants estiment que les alertes des scientifiques sur les impacts du projet – destruction de zones humides, de terres agricoles et d'écosystèmes et atteinte aux nappes phréatiques – n'ont pas été prises en compte. Ils considèrent que cette décision affaiblit durablement le droit de l'environnement et annoncent poursuivre leur mobilisation, notamment autour des procédures pénales toujours en cours concernant le chantier réalisé par le concessionnaire Atosca.

Laurie Correia / correia@lalettrem.net
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