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Gard
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Industrie
| 3/05/2018

La cession d'Eminence devrait intervenir avant l'été

Concernant l'imminence d’un changement d’actionnaires chez Eminence (sous-vêtements masculins, Aimargues), Dominique Seau, président, déclare : « Nos actionnaires majoritaires actuels (LBO France, NDLR) nous ont achetés voici six ans et demi. Il est probable que la vente intervienne avant l’été. À ce jour, il y a plusieurs acquéreurs potentiels, mais rien n’est signé. » Dominique Seau rend par ailleurs la présidence, en ce mois de mai, de la présidence de la Fédération de la maille et de la lingerie, après six ans de bons et loyaux services. Son message auprès des gouvernants : « On a besoin de deux réformes en Europe : un Small Business Act et un Buy European Act. Les entreprises européennes devraient bénéficier de la commande européenne. C’est incroyable que cela n’existe pas. Nos collectivités achètent à moindre coût à des entreprises situées en dehors de l’Europe ! La puissance publique se doit d’être exemplaire. Nos marchés publics sont trop ouverts, surtout quand on voit les barrières mises en place en Chine et aux États-Unis. L’Europe a besoin de symétrie pour préserver l’emploi. La France a été trop naïve. Il y a beaucoup de bonnes intentions, mais peu d’actes. Le critère RSE apparaît certes dans certains marchés publics, mais à la marge par rapport au prix. »
Dominique Seau, 52 ans, préside Eminence, numéro 1 français des sous-vêtements masculins et emblème de l’industrie textile dans le Gard (300 salariés à Aimargues et 85 Sauve), depuis 2007, après une carrière à l'international chez L'Oréal, Danone et Triumph International. En 2017, Eminence réalise un chiffre d’affaires de 127 M€ (125 M€ en 2016), dont 24 M€ à l’export. La marque Athena a notamment gagné des parts de marché, avec des nouveaux produits en coton bio. Et le groupe, qui emploie 725 salariés au total, détient des savoir-faire très spécifiques : « Piquer à la machine, couper, tricoter du coton…, égrène le dirigeant. Je suis incapable de faire ces métiers, étant très maladroit ! Cela amène à beaucoup d’humilité, et à me sentir proche de chacun des salariés », confie Dominique Seau. D’autant plus que les contraintes sont fortes : « Ici, les cadres pointent. Le textile est un univers où, pour sauvegarder les emplois en France, nous devons être très productifs, avoir un haut niveau de qualité, livrer le plus vite possible… »

Hubert Vialatte / vialatte@lalettrem.net
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