Fil infos

Languedoc-Roussillon
|
Institutions
| 26/09/2013

Fonds européens : la Région va gérer directement 800 M€

Alors que le gouvernement a décidé de confier la gestion de la majorité des fonds européens aux Régions dans le cadre de la loi de décentralisation, la Région Languedoc-Roussillon devrait se voir doter d’un fonds d’1 milliard d'euros pour la période 2014-2020, dont 800 M€ qu’elle va gérer en direct, a annoncé hier soir le président du conseil régional, Christian Bourquin. En tout, ce sont 100 M€ supplémentaires par rapport à la période précédente, 2007-2013. Sur ce programme, la Région gérait en direct, en délégation de gestion, 27 % seulement des 900 M€ concernés. Le Languedoc-Roussillon profite bien sûr de sa croissance démographique, 30 000 nouveaux habitants chaque année, mais à en croire Christian Bourquin, elle a aussi des atouts qui séduisent l’Europe en terme de potentiel d’innovation.
Soutien aux entreprises
Les thématiques retenues pour la dépense des programmes européens en Languedoc-Roussillon sont encore en cours de finalisation - la Région doit remettre sa copie à Bruxelles d’ici la fin octobre - mais les grands axes sont déjà arrêtés. Pour le Feder et le FSE (400 M€ gérés par la Région sur ces deux fonds), l’accent est mis sur la croissance « intelligente » des entreprises, le développement du très haut débit et la réduction de la fracture numérique. La Région souhaite, en accord avec les priorités de Bruxelles, encourager la transition énergétique via la production d’énergies renouvelables, l’investissement en faveur de la prévention du risque inondation et de la qualité de l’eau, ou encore la lutte contre le chômage. Le programme Feader, piloté à 100 % par la Région pour une enveloppe globale de 400 M€, selon Christian Bourquin, permettra, lui, de renforcer le soutien régional en faveur des cultures biologiques, soutenir l’investissement des jeunes agriculteurs et la modernisation des installations ou encore des projets d’aménagement en milieu rural.

La concertation se poursuit
Après avoir lancé en avril dernier un portail baptisé 3S en Languedoc-Roussillon, soit sa stratégie de spécialisation intelligente, comme demandé par l’Union européenne pour définir les domaines d’innovation prioritaires de la Région, la collectivité poursuit jusqu’à la fin du mois la concertation. Cinq déplacements sont prévus dans les cinq départements afin d’affiner les thématiques à proposer à la commission. Des négociations se poursuivront ensuite jusqu’au printemps, pour un objectif de validation à l’été. En parallèle, la question des personnels affectés au traitement des dossiers n’est pas encore réglé : jusque là instruits par des personnels du Secrétariat général aux affaires régionales (SGAR), les dossiers de demande de financement seront donc dès le 1er janvier 2014 administrés par la Région. Un transfert de personnels est prévu, même si les discussions avec l’Etat sont toujours en cours, sans qu’on sache combien de personnes sont concernées. « Nous allons devoir adapter notre mode de fonctionnement organisationnel, indique Claude Cougnenc, directeur général des services. Nous avons une idée du nombre de personnes dont nous aurions besoin, et nous l’avons exprimé aux services de l’Etat. Nous attendons le retour du préfet. » Aucun élément n’a été fourni sur le nombre de personnels actuellement dédié à cette tâche. « A priori, nous allons de toutes façons avoir besoin de plus de personnels, car le niveau de contrôle financier va être renforcé », ajoute M. Cougnenc, sans donner de précision.
Moins de saupoudrage

Contactés par La Lettre M, les services de la préfecture indiquent que les montants précis des fonds européens alloués au Languedoc-Roussillon pour la période 2014-2020 « ne sont pas encore officiellement connus », mais confirme qu'ils seront à la hausse. « Une chose est certaine », selon un fonctionnaire : « L'Europe veut moins de saupoudrage sur des micro-projets. Pour prendre une image, ce ne sera plus comme au restaurant chinois, avec une succession de petits plats, mais on aura des plats plus copieux et roboratifs ! » Il ajoute que les services de l'Etat et de la Région « ont toujours travaillé en bonne intelligence jusqu'ici sur ces dossiers, de manière partenariale. Même si la règle du jeu change, ce fonctionnement partenarial devrait se poursuivre ». L'Etat va continuer de gérer, jusqu'à la mi-2016, les fonds alloués sur le programme 2007-2013.

Bloc Abonnement

La Lettre M sur votre bureau chaque mois, la newsletter quotidienne à 18h, toute l'actualité en temps réel sur lalettrem.fr, les magazines thématiques, le guide « Les Leaders, ceux qui font l’Occitanie », la référence des décideurs d'Occitanie