Extracthive finalise une levée de 4,6 M€ pour recycler la fibre de carbone
Spécialisée dans le traitement et la valorisation de déchets industriels, l'entreprise gardoise Extracthive, basée à Saint-Genies-de-Comolas, finalise une levée de 4,6 M€. Cette levée s'est réalisée en deux temps : 3,180 M€ collectés en mai 2019, puis 1,5 M€ en mai 2021. Parmi les investisseurs, Éric Bergé, qui devient président du comité stratégique de l’entreprise, aux côtés du fonds régional Irdi Soridec, de Citizen Capital, de CEA Investissement et de Colam Impact.
Les fonds levés sont essentiellement destinés à financer le projet PHYre qui consiste à recycler des matériaux composites par solvolyse. Ce procédé technologique permet de détruire la résine intégrée dans la fibre de carbone afin d’obtenir une fibre comme neuve, qui pourra ensuite être retissée. « Selon une première étude d’analyse de cycle de vie de nos fibres de carbone, celles-ci émettent dix fois moins de CO2 que la fibre de carbone classique », précise Frédéric Goettmann, président, à La Lettre M. L’objectif est de valoriser ces matériaux pour les commercialiser à des industriels en tant que matière première recyclée. « À horizon 2023, Extracthive déploiera son offre innovante à l’échelle européenne », annonce la société. « L’unité devrait permettre de traiter 340 à 400 t de composites par an », ajoute Frédéric Goettmann.
Projet lancé
Extracthive a déjà commencé à développer son procédé à l’échelle d’un laboratoire, dans un petit réacteur d’un litre, puis dans un autre de dix litres mis à disposition par le CEA Marcoule. Dans le cadre d’un consortium, soutenu par la Région Occitanie, l’entreprise gardoise a pu ensuite passer à l’étape supérieure en montant un site pilote d’une capacité de 800 litres, installé sur la plateforme chimique de Pont-de-Clay, en Isère.
L’objectif est désormais de passer à la phase industrielle, ce qui implique la conception et la fabrication d’un démonstrateur de 4 m3. Cela représente un investissement de 2 M€ environ. À cela s’ajoute la nécessité de recruter cinq personnes dans les douze à dix-huit mois. La levée de fonds doit donc soutenir financièrement la poursuite de ce projet et permettre de créer un effet de levier, pour solliciter ensuite des aides et subventions régionales, nationales et européennes, ainsi que de la dette bancaire.
*24 salariés, CA 2020 consolidé : 1,6 M€, une filiale : Extracthive ceramics recycling à Sorgues – 84, siège de la maison-mère Bagnols-sur-Cèze-30.










