Athanase Kollias (Kinvent) : « Nous voulons devenir le leader mondial de la kinésithérapie connectée »
La sportech héraultaise Kinvent boucle une levée de 16 M€ le 17 janvier. Spécialisée dans les capteurs connectés dédiés à la performance sportive, la rééducation physique et la kinésithérapie, la société s’adosse à un nouvel actionnaire minoritaire, le fonds Eurazeo. Fondateur de l’entreprise, Athanase Kollias dévoile pour La Lettre M ses ambitions après ce nouveau tour de table.
Pourquoi une troisième levée de fonds après celles bouclées en 2019 et 2022 ?
Kinvent est une entreprise qui a amorcé son développement international et propose aujourd’hui un produit fonctionnel. Concrètement, nous avons dépassé les 6 M€ de chiffre d’affaires et disposons d’équipes de vente partout en France. Un modèle que nous souhaitons déployer ailleurs. La première ambition est donc commerciale. Nous voulons doubler notre chiffre d’affaires tous les ans et devenir le leader mondial de la kinésithérapie connectée. En 2024, notre plus gros challenge va concerner le marché des États-Unis, qui représente actuellement 10 % de notre activité. L’objectif est de passer à 40 % d’ici à quatre ans. Ce pays est déjà le second de Kinvent en termes d’activité en 2023, devant l’Italie et la Chine. Nous attaquerons par la suite l’Espagne et d’autres pays stratégiques tels que le Japon, la Corée du Sud, l’Australie ou la Nouvelle-Zélande. Enfin, nous dégageons un Ebitda positif depuis le dernier trimestre 2023.
Quels sont vos performances sur le marché français ?
La France, où nous avons mis en place la vente directe, représente 40 % de notre activité. Notre croissance passera aussi par un renforcement de notre réseau de revendeurs. Ils multiplient notre force de frappe, mais ils vont à leur vitesse. Il faut donc combiner les deux canaux de vente. Nous espérons passer ainsi à 11 M€ de CA en 2024, avec une forte croissance attendue en Amérique du Nord. Nous comptons aujourd’hui 14 000 clients, répartis dans 68 pays. Et nous équipons déjà des équipes sportives américaines professionnelles comme les New-York Mets (baseball) ou les Minnesota Timberwolves de Rudy Gobert (-basket-ball).
Quel est le deuxième objectif de la levée ?
Grâce à cette opération, nous comptons tripler nos investissements en R&D pour les porter à 2 M€. Nous sommes en train d’implémenter notre technologie et nos logiciels, sur le machine learning (IA, NDLR). Et ce, pour aider à la suggestion de programmes adaptés au niveau du patient et à ses résultats de test. Le système exploite toute la connaissance et la stratégie mises en place par des kinés experts. Cela permet de proposer un programme de travail optimisé. Nous proposons actuellement une gamme de huit capteurs connectés. Et un neuvième centré sur la vitesse et la puissance sera disponible en octobre prochain.
Pourquoi le fonds Eurazeo entre-t-il à votre capital de façon minoritaire ?
Il va nous apporter son expertise en matière d’export et de croissance externe. C’est l’un des plus grands fonds européens, avec 33 Md€ sous gestion. Son véhicule Nov Santé, avec qui nous allons collaborer, gère 500 M€. Par ailleurs, compte tenu de notre croissance organique, nous allons passer de 75 à 110 personnes en fin d’année. Pour accélérer dans cette stratégie, il faut parfois prendre des raccourcis en passant par de la croissance externe. À titre d’exemple, une cible potentielle d’acquisition est une entreprise qui possède un réseau établi de revendeurs ou une technologie pouvant nous être profitable. En fin d’année, nous avons déjà acquis la société française Reathletic, spécialisée dans le domaine de la réathlétisation. Et nous avons repéré deux autres cibles. Leur acquisition pourrait être bouclée en 2024.











