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Industrie
| 5/05/2025

Après la réception d'une nouvelle offre de reprise chinoise, Safra sera fixée sur son sort le 13 mai

© Laurie Correia

L'avenir du spécialiste albigeois de la mobilité hydrogène Safra, en redressement judiciaire depuis le 4 février, devrait se jouer le 13 mai. « L’audience devait avoir lieu le 29 avril, mais la veille, nous avons reçu une lettre d’intention chinoise », indique à La Lettre M Ludovic Vialard, délégué syndical CGT et représentant des salariés au tribunal de commerce d’Albi. Trois repreneurs étaient en lice pour la filière rénovation : CBM Company, Arterail et TTH, le candidat soutenu par les salariés. « Nous sommes écœurés, tout repart à zéro », déplore Ludovic Vialard. La société de 169 salariés précise à La Lettre M que son président « Vincent Lemaire ne pourra pas s'exprimer tant que le jugement n'aura pas été prononcé ».

« Nous repartons pour l’hydrogène... »
À l’annonce du placement en redressement judiciaire de l'entreprise, la cinquantaine de salariés de sa filière rénovation a d’abord envisagé de créer une Scop (société coopérative et participative). « Après avoir étudié les projets des trois repreneurs, qui ont de bien meilleurs financements, nous avons finalement voté à la majorité pour le groupe TTH », précise le délégué syndical. Les raisons ? Son projet promet de rependre 64 salariés et mise sur le ferroviaire lourd.
Déposée la veille de l’audience, la nouvelle offre chinoise vient donc rebattre les cartes. « Nous allons rencontrer les investisseurs chinois en ce début de semaine afin qu’ils nous présentent leur projet, poursuit Ludovic Vialard. Ce que nous aimerions, c’est qu’ils cèdent la filière rénovation à TTH ou CBM Company. » Selon lui, les salariés de la rénovation – filière « qui a toujours fait du bénéfice » – se sentent « lésés » et dénoncent le choix du tout hydrogène : « Ce que l’on gagne sert au projet hydrogène… Voilà pourquoi Safra veut un repreneur étranger qui pourra financer l’hydrogène et les bus électriques. » Pour le militant CGT, tout semble joué d’avance. « Il y a un an et demi, les Chinois ont commencé à engager des discussions avec Safra. Nous n’avons plus eu de nouvelles pendant des mois, jusqu’à ce qu’une offre tombe la veille de l’audience... Nous pensions partir pour la rénovation avec quelqu’un qui croit en notre projet. Là, nous repartons pour l’hydrogène… »

Trois grandes activités
Fondée en 1955, l’entreprise albigeoise est structurée en trois pôles d’activité : Safra Bus (fabrication et commercialisation de bus à hydrogène), Safra Solutions (rétrofit, rénovation et maintenance lourde de véhicules de transport de personnes) et Safra Services. En 2023, Safra avait enregistré 6,6 M€ de chiffre d’affaires, déplorant une perte nette de 12,2 M€. En avril 2024, la Région Occitanie avait fait l’acquisition, pour 7,2 M€, de quinze autocars à hydrogène rétrofités par la société. Ce projet, soutenu par l’Ademe dans le cadre de France 2030, vise à prolonger la vie de véhicules diesel en service en remplaçant le moteur par une pile à combustible alimentée par de l’hydrogène.

> À lire également : Placée en redressement judiciaire, Safra en quête d’investisseurs

Laurie Correia / correia@lalettrem.net
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