« Ancrage territorial et ascenseur social », priorités de Pierre Perdiguier (IMT Mines Alès)
Livraison du Hub créativité, transformation du centre de documentation, développement des diplômes internationaux en anglais, lancement des unités mixtes de recherche… Pierre Perdiguier, directeur par intérim de l’IMT Mines Alès (1 500 étudiants, près de 400 personnels, budget annuel : 35 M€) depuis mars dernier, dévoile la feuille de route de l’établissement.
Quel est l’ADN de l’IMT Mines Alès ?
Dans les gènes de notre école, il y a un profond ancrage territorial et un rôle d’ascenseur social que nous tenons à jouer. L’IMT Mines Alès est d'ailleurs le seul établissement du groupe de l’Institut Mines-Télécom à être doté de son propre CFA. 33 % de nos étudiants sont des apprentis travaillant à mi-temps au sein d’entreprise, c’est un taux nettement supérieur à la moyenne observée au sein des autres écoles du groupe IMT. Nous comptons aussi 38 % d’élèves boursiers et 30 % d’étudiants internationaux.
Que prévoit la feuille de route de l’école validée début mai en interne ?
Elle repose sur cinq piliers : management, formation, recherche, développement économique & innovation, et enfin international. En matière de développement économique et d’innovation, le bâtiment appelé Hub créativité (évoqué par La Lettre M en 2018, NDLR) devrait être livré d’ici à la rentrée prochaine. Il sera basé sur le site de Croupillac (à Alès) et comprendra un incubateur d’entreprises, une cellule d’innovation pédagogique… Bâtiment central de l’établissement, il permettra aussi d’accueillir des événements d’entreprise. L’enveloppe pour ces travaux est de 5 M€ environ. Architecte : Emmanuel Nebout (Montpellier). Sera lancée courant 2022 la transformation du centre de documentation implantée sur l’autre de l’IMT Mines Alès, sur le site de Clavières (autre quartier d’Alès). L’idée est d’en faire un “learning center“ favorisant le travail en petits groupes. Enveloppe : 1,5 M€.
Sur le plan de la recherche, vous renforcez votre collaboration avec d’autres acteurs régionaux, de quelle manière ?
Depuis janvier 2021, nos équipes sont membres d’unités mixtes de recherche (UMR) regroupant des équipes issues d’universités, du CNRS et de l’IMT Mines Alès. C'est un gros chantier, engagé en 2018, qui vient d’aboutir. Avant cela, l’IMT Mines Alès fonctionnait avec ses trois laboratoires propres.
Ces collaborations portent aussi sur le développement de nouveaux diplômes. Quelles spécialités souhaitez-vous renforcer ?
D’un point de vue général, nous avons à cœur d’accueillir encore plus d’élèves internationaux et surtout davantage d’étudiants anglophones. Actuellement, nous recevons essentiellement des élèves francophones ou ayant suivi une formation en français avant d’intégrer l’IMT. Nous voulons donc poursuivre la création de diplômes anglophones, à l’instar du Master international disaster management and environmental impact (gestion des catastrophe et impact environnemental) lancé en 2018. Nous travaillons notamment avec l’université de Montpellier et Montpellier Supagro sur la création d’un Master autour des sciences de l’eau. Nous voulons aussi basculer certains semestres, au sein de nos grands domaines de formation, en anglais.
Tout cela en maintenant pour le moment un rythme de 80 % en distanciel et 20 % en présentiel. Comment l'IMT Mines Alès a géré cette situation sanitaire exceptionnelle ?
Avant même le début de la crise sanitaire, nous avions engagé une transformation profonde de la pédagogie en ce sens. À la rentrée prochaine (septembre 2021), tous nos élèves et professeurs seront équipés de tablette. Cela nous permet aussi d’immerger nos étudiants dans le numérique. Ainsi, quand ils arrivent en entreprise, ils contribuent à numériser l’entreprise.
Impossible de ne pas évoquer en quelques mots l’actualité récente qui a affecté l’IMT Mines Alès (plusieurs étudiantes de l’établissement ont dénoncé des violences sexuelles en février dernier). Comment l’école répond-elle à ce problème ?
Ce qui me semble important c’est tout d’abord de rappeler notre soutien total aux victimes. Rappelons qu’en France, une étudiante sur vingt est victime de violences sexuelles et une sur vingt de viol. Par le courage de certains étudiants, la parole s’est libérée au sein de l’établissement. Cela a été un vrai choc pour la communauté. Pour agir sur ce sujet, nous avons déployé un plan d’actions volontariste ciblant la prévention, l’écoute et l’accompagnement des victimes et enfin un volet juridique et disciplinaire. Nous avons aussi mis en place une plateforme web dédiée. L’école s’est faite accompagner par des associations compétentes en la matière et par une magistrate, Nathalie Welte, vice-procureur d'Alès. Nous avons par ailleurs organisé une première conférence adressant cette problématique et beaucoup d’événements sont prévus pour la rentrée. C’est un sujet majeur à nos yeux.
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