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Education - Formation
| 20/09/2018

Thierry de Mazancourt (IMT Mines Alès) : « Un formidable réservoir de matière grise »

© SR

« Donner aux élèves les meilleures chances de s’épanouir professionnellement ». À la tête, depuis 6 mois, de l’école IMT Mines Alès (1 200 élèves, 200 nouveaux inscrits/an, formation sur trois ans, budget annuel : environ 30 M€), Thierry de Mazancourt (ex-Safran) livre à La Lettre M, le 19 septembre, ses projets et ambitions, pour « ce formidable réservoir de matière grise. »
À commencer par le développement économique de l'établissement. L’IMT Mines Alès est née il y a 175 ans de la volonté de la Ville d’Alès. « La Ville a toujours été là quand l’école en a eu besoin, elle est donc redevable au bassin alésien. Ainsi, les besoins du territoire sont particulièrement pris en compte par l'école IMT Mines d'Alès, notamment par le biais de contrats-recherche », explique le directeur. Les entreprises locales (mais pas seulement elles) peuvent profiter de ce dispositif qui consiste à mobiliser un enseignant-chercheur pour une durée définie sur une problématique rencontrée par l’entreprise. « Si un de nos laboratoires peut y répondre, nous nous engageons à travailler dessus. » Une façon pour l’école d’accroître sa notoriété et ses ressources. Certaines thèses sont payées totalement ou partiellement par l’entreprise. L’établissement dispense également des formations aux entreprises en matière de transition numérique ou encore sur les risques environnementaux, notamment liés aux crues. Là encore, une problématique locale.
Pour se faire connaître au niveau national et tirer son épingle du jeu face aux autres établissements de formation, l’IMT Mines Alès veille à maintenir le niveau élevé de ses enseignants chercheurs « ils ne peuvent pas se laisser distancer ». Ces derniers peuvent donc participer à des travaux dans d’autres laboratoires, à l’étranger…Les étudiants ont, eux aussi, la possibilité d’étudier à l’étranger. « Nous avons 22 doubles-diplômes avec des formations dans le monde entier. » Reste ensuite pour l’école à diffuser ces connaissances produites dans le milieu économique. Les étudiants demeurent les meilleurs ambassadeurs de l’école. « Nous les invitions à se rendre dans les écoles préparatoires d’ingénieurs, les universités…pour parler de notre établissement. »

Incubateur
Parallèlement à l’école, l’établissement dispose de son propre incubateur, qui contribue, lui aussi, à renforcer sa notoriété. « Nous aidons les porteurs de projet - pas forcément des étudiants de l’école mais aussi des personnes extérieures - à valider leur idée : vous venez avec une idée et nous vous apportons un double tutorat : sur l’aspect technique et sur l’aspect business. On ne retient que les idées pour lesquelles l’école peut apporter quelque chose sur le plan technique. » La durée d’incubation est en moyenne de 3 ans. L’incubateur compte environ une douzaine de projets en même temps. En 2017, 18 projets ont été accompagnés et 7 start-up créées quelque temps après. « À la fin de l’incubation, l’entreprise n’est pas créée, nous n’allons pas jusqu’à ce stade », précise Thierry de Mazancourt. Depuis le lancement de l’incubateur en 1984, près de 200 entreprises ont vu le jour, avec un taux de survie à 5 ans de 93 %. L’Institut Mines Télécoms, réseau de 8 écoles dont celle d’Alès, travaille actuellement à la mise en place d’un réseau entre ses écoles pour la mise en relation des porteurs de projet. Le projet Medcam, porté par Clément Labiche et incubé à l’école, a remporté le 1er prix Alès Audace en 2017. Là encore, une façon de promouvoir l’école.

« Hub créativité »
Côté projets, Thierry de Mazancourt annonce la construction prochaine d'un « hub créativité » de 1 280 m2 à Croupillac, à côté d'autres locaux de l'IMT Mines Alès.« L'ambition est de créer un lieu de rencontres entre étudiants, chercheurs et entreprises ». Sa livraison est espérée en 2020. Par ailleurs, après l'ouverture d'un département dédié à l'intelligence artificielle « qui démarre bien » avec 32 inscrits, l'école réfléchit déjà à d'autres domaines de spécialisation. « Nous réfléchissons aux problématiques de développement durable et de ressources en matières premières pour enrichir notre offre d'enseignement », glisse Thierry de Mazancourt qui ne souhaite pas en dire davantage pour le moment.

Stéphanie Roy / roy@lalettrem.net
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