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| 25/01/2012

Marcoule : 2011, « année noire » et « année record »

L'année 2011 a été particulièrement « mouvementée » pour le site nucléaire de Marcoule et pour la filière nucléaire en général, selon le directeur du CEA Marcoule, Christian Bonnet, qui adressait hier soir ses voeux aux décideurs locaux. Deux évènements ont touché le site gardois : l’accident nucléaire de Fukushima, au Japon, le 11 mars 2011, et l’accident industriel de Centraco, qui a fait un mort et un blessé grave le 12 septembre, dans l’explosion d’un four, sur le site de Marcoule. Pour Christian Bonnet, la catastrophe japonaise a « entraîné des répercussions inédites chez nos voisins européens, dont certains (l’Allemagne, la Belgique, la Suisse, l’Italie) ont annoncé l’arrêt du nucléaire dans leur pays. Mais au-delà de la vieille Europe, l’énergie nucléaire garde toutes sa place et son développement reste assuré. » Des équipes de Marcoule se sont rendues sur place pour assister les autorités japonaises : Areva a ainsi mis en place une unité de traitement des effluents à proximité de la centrale sinistrée. Quant à l’accident survenu à l’usine Centraco, Christian Bonnet déplore ses « proportions médiatiques », et reconnaît que le site nucléaire gardois « peut faire mieux en matière d’information locale dans de telles circonstances ».

« Année noire » pour Centraco
Deux unités du site ont été particulièrement touchées par cette actualité « mouvementée » : la Socodei, qui exploite l’usine Centraco (Centre de traitement et de conditionnement de déchets de faible activité), a connu une « année noire », selon son DG, Yves Canaff, qui a adressé une « pensée très personnelle » aux familles des deux salariés victimes de l’accident. L’arrêt de l’incinérateur, qui se poursuit pour les besoins de l’enquête, a entraîné un déficit de 2 M€ pour l’entreprise, dont le CA est resté stable à près de 70 M€. La Socodei, qui emploie 200 personnes, espère concrétiser en 2012 son projet d’installation d’un outil de traitement des racks de piscine nucléaire, représentant un investissement de 10 M€. Quant à l’usine Melox, qui emploie 900 personnes, elle a été plus particulièrement touchée par la catastrophe de Fukushima : le combustible fabriqué à Marcoule, le Mox, alimentait la centrale de Tepco touchée par le tsunami. Comme La Lettre M l’avait révélé le 29 novembre dernier, Melox va réduire de 50 M€ d’ici à 2013 les investissements prévus à Marcoule. Paradoxalement, l’année 2011 a été une « année record », selon son directeur général, Pascal Aubret, avec une production de 145 t de Mox, destinée, pour les deux tiers, à EDF, et pour un tiers à l’exportation. Si les clients japonais de Melox sont dans l’expectative, l’usine intensifie sa production à destination de l’Allemagne, malgré la décision du pays de sortir du nucléaire, après la catastrophe de Fukushima. Melox poursuivra ses investissements à Marcoule, notamment pour la sécurité de ses installations, à hauteur de 20 M€ par an, selon Pascal Aubret. La filiale d’Areva investit également 10 M€ dans la construction, à Marcoule, d’un centre de R&D.
Astrid : décision fin 2012
L’avenir de Marcoule passe notamment, aujourd’hui, par deux filières : le démantèlement, et le nucléaire du futur. Côté démantèlement, Dominique Guilloteau, directeur d’Areva Marcoule, s’est félicité d’une « nouvelle contractualisation avec le CEA pour la période 2011-2015 », concernant en particulier l’usine UP1, tout en prévoyant une « décroissance » de l’activité d’Areva sur le site, qui devrait entraîner une baisse des effectifs de 900, aujourd’hui, à « 600 à 700 » à l’horizon 2015. Une enquête publique aura lieu, fin 2012, pour le démantèlement du réacteur Phénix. Quant au réacteur de 4e génération, Astrid, il pourrait créer 300 à 400 emplois sur le site à l’horizon 2020. À condition que le futur gouvernement, issu de l’élection présidentielle de mai prochain, prenne, fin 2012, la décision politique attendue par la filière. En attendant, les équipes du CEA Marcoule travaillent activement à l’avant-projet. Le site de Marcoule emploie aujourd’hui 5 000 personnes, dont 1 550 pour le CEA, 900 pour Areva, 900 pour Melox et 200 pour Socodei.
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