Ethiquable résiste à la flambée du cacao et accélère sa diversification
Pour l’entreprise gersoise Ethiquable, spécialiste des chocolats bio et équitables, 2025 aura été une année de résistance. « L’explosion des cours du cacao et du café fin 2024 a fortement tendu notre trésorerie », explique à La Lettre M Rémi Roux, président de cette Scop de 169 salariés basée à Fleurance. Malgré un contexte défavorable, Ethiquable affiche une dynamique solide. Après 80 M€ de chiffre d’affaires en 2024, elle table sur une croissance de 10 % en 2025, portée notamment par le chocolat, qui représente près de 50 % de ses ventes. « La hausse du prix des tablettes (10 à 15 %) n’a pas entraîné de recul des volumes », assure le dirigeant. L’entreprise vend 32 millions de produits par an, dont 2 400 tonnes de chocolat.
« Réduire notre dépendance à la GMS »
Le groupe poursuit l’innovation produit et lance en ce début d'année, en grande distribution, une nouvelle gamme de chocolats « dark milk », des chocolats au lait à fort pourcentage de cacao. Un positionnement conçu pour répondre à une demande croissante de produits moins sucrés. La coopérative avance prudemment et espère vendre quelques centaines de milliers de tablettes par référence dans l’année.
Sur le plan stratégique, la société a pris la décision de basculer dès le mois de juillet sa marque « Paysans d’ici », lancée en 2011, sous la bannière Ethiquable. Cette harmonisation doit permettre de mieux distinguer l’engagement équitable face aux revendications « produit local » de nombreux producteurs « qui n’ont pas de véritable démarche bio, paysanne et équitable », estime le dirigeant.
Autre axe clé : la diversification hors grande distribution (GMS). Lancée fin 2024, la gamme premium pour chocolatiers Cacaosphère séduit déjà près de 200 clients professionnels, dont le toulousain Criollo, et doit représenter, à terme, 20 % du chiffre d’affaires de la Scop. « Cela nous permet de valoriser la rareté des cacaos et de réduire notre dépendance à la GMS, qui concentre encore 80 % de nos ventes », poursuit Rémi Roux.
Un atelier de torréfaction en discussion
Évoqué dès 2024 dans les colonnes de La Lettre M, le projet de torréfaction des fèves de cacao dans le site de Fleurance est actuellement à l’étude, avec une mise en service envisagée à horizon 2027. « Il s’agira d’un investissement conséquent », glisse le président. Parallèlement, l’entreprise finalise l’acquisition de nouveaux équipements, représentant une enveloppe de 300 k€, afin de créer au sein de son site industriel un atelier dédié à la transformation des fruits secs. « Cet atelier, qui assurera la torréfaction, le hachage et la caramélisation des produits, sera opérationnel dès le début de l’année, précise Rémi Roux. Il permettra de fabriquer les ingrédients destinés aux tablettes de chocolat et de développer notre gamme de fruits secs aromatisés pour l’apéritif. »
La Scop, qui rassemble aujourd’hui 131 sociétaires, poursuit en parallèle le développement du parcours de visite de sa chocolaterie, qui a franchi cette année le cap des 20 000 visiteurs.











