Le plan de suppression de postes de Thales Alenia Space gelé par la justice
Le tribunal judiciaire de Toulouse demande le 16 décembre le gel du plan de suppression de postes de Thales Alenia Space – dont le site toulousain compte 2 700 salariés sur 4 400 en France – pour les fonctions support. La société, qui avait annoncé début 2024 la suppression programmée de 980 postes, avait déjà gelé son plan en juin dernier, mais hors services support. « Le tribunal considère que la CGT a apporté la preuve que la direction a mis en danger la santé des salariés en mettant en œuvre son plan de suppression de postes et que la direction n'avait pas apporté la preuve qu'elle avait mis en œuvre les mesures suffisantes pour préserver leur santé », estime Thomas Meynadier, délégué syndical Thales Alenia Space Toulouse.
En revanche, le tribunal rejette la demande d’arrêt définitif du plan telle que formulée par la CGT.
Un plan déjà de facto suspendu, indique la direction
Interrogée par La Lettre M, la direction de Thales Alenia Space « prend acte » de la décision rendue par le tribunal judiciaire de Toulouse mais précise que la CGT « a été déboutée de la plupart de ses demandes à l’exception de celle relative à la suspension du plan d’adaptation pour les fonctions support, suspension qui est de fait effective, aucune mobilité n’ayant été enregistrée depuis le mois de juin au sein de ces fonctions ». L’entreprise insiste par ailleurs sur « son engagement constant en faveur de la santé et du bien-être de ses salariés » et rappelle qu’en raison de « nouvelles commandes encourageantes », le plan « avait été suspendu depuis le mois de juin 2025 jusqu’au premier trimestre 2026 pour les équipes travaillant sur les programmes spatiaux ». Et de conclure : « Thales Alenia Space a mis en place un plan de recrutement, ce qui nous permet d’envisager l’avenir de manière optimiste. »
En mars 2024, le fabricant de satellites avait indiqué que son plan répondait à la nécessité d’« ajuster les ressources au niveau d’activité » mais aussi d’« optimiser l’empreinte industrielle sur le périmètre européen », de « réduire les coûts de la chaîne d’approvisionnement et d’achat » et de « simplifier le modèle opérationnel ». Le site toulousain de la société conjointe entre Thales (67 %) et Leonardo (33 %) est dirigé par Nathalie Font.
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