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Haute-Garonne
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Aéronautique et spatial
| 10/09/2020

Jean-François Knepper (FO Airbus) : « Les "cols bleus" ne doivent pas être les seuls touchés »

Alors qu’Airbus projette de supprimer 15 000 emplois, dont 3 400 dans la région toulousaine, les négociations se poursuivent avec les organisations syndicales. Le point sur la situation avec Jean-François Knepper, délégué syndical central FO Airbus. Interview.

Vous refusez les licenciements secs. Où en sont vos négociations avec la direction ?
Après avoir négocié en juillet un accord de méthode, nous avons signé un accord portant sur les départs volontaires. Pour le moment, environ 700 personnes se sont déclarées intéressées par ces mesures, à la fois au sein du siège toulousain d’Airbus et des trois usines Airbus de Toulouse, Nantes et Saint-Nazaire. Certains sont déjà fermement engagés dans cette voie. En parallèle, nous négocions à la fois l’accord de PSE et l’accord portant sur l’activité partielle de longue durée (APLD). Pour ces deux accords, de nouvelles réunions sont prévues la semaine prochaine.

Sur l’APDL, précisément, quels sont vos points de désaccord avec la direction ?
Dans la mesure où l’activité globale d’Airbus a baissé d’environ 40 %, nous souhaitons réduire de l’ordre de 20 % l’activité de l’ensemble des salariés. L’APLD ne doit pas concerner uniquement les personnes dédiées à la production et leur encadrement direct. Il nous semble tout à fait possible de réduire de 20 % le temps de travail de tous, en passant à des semaines de quatre jours. Les « cols bleus » ne doivent pas être les seuls touchés. Le fardeau doit être partagé. Nous sommes absolument déterminés à nous engager à signer ces accords. Mais pour cela, il faut que la direction nous assure qu’il n’y aura aucun licenciement sec. Les discussions se poursuivent à ce sujet.

Traditionnellement, le dialogue social est plutôt bon chez Airbus. Sentez-vous les choses changer ?
J’estime que nos positions sont raisonnables. Mais pour qu’un dialogue social fonctionne, il faut que chacun mette de l’eau dans son vin. Il serait incroyable de voir des licenciements contraints chez Airbus, un groupe qui bénéficie d’un soutien public massif. C’est d’ailleurs le message adressé par Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée à l'Industrie, lors de sa visite à Toulouse (le 23 juillet dernier, NDLR). Pour le moment, l’Etat, dans cette affaire, a été à la hauteur. Nos discussions avec la direction, qui ont été quelque peu compliquées au départ, semblent aujourd'hui s'ouvrir. Nous verrons ce qu'il en est dans les prochaines semaines. Pour l’APLD, il y a une butée réglementaire fixée au 1er octobre. Pour le PSE, ce sera mi-octobre.

Quel est le risque, pour le groupe, selon vous ?
Cette crise est conjoncturelle, pas structurelle. Lorsqu’un vaccin (contre la Covid-19, NDLR) sera trouvé, le trafic aérien reprendra et Airbus aura devant lui une fenêtre de tir incroyable. Ce serait un comble si le groupe n’était pas en mesure d’en profiter ! Perdre des compétences serait catastrophique. Et ce serait un très mauvais exemple donné à la supply chain.

Propos recueillis par Alexandre Léoty / leoty@lalettrem.net
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