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Région Occitanie
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Aéronautique et spatial
| 21/03/2019

Yann Barbaux dévoile la feuille de route d’Aerospace Valley

Yann Barbaux, président du pôle de compétitivité Aerospace Valley, qui rassemble les acteurs de l’aéronautique, du spatial et des systèmes embarqués d’Occitanie et de Nouvelle-Aquitaine (850 adhérents), fait le point pour La Lettre M sur ses grands axes stratégiques, dans le cadre de sa récente re-labellisation par l'État (phase IV des pôles). « Nous sommes encore dans l’attente d’éléments concrets de la part de l’État, relatifs à notre contrat de performance, regrette-t-il. Il y a toujours un certain nombre d’inconnues, qui concernent notamment le mode de financement des projets. En revanche, les discussions avec les conseils régionaux avancent bien. » La feuille de route d’Aerospace Valley, qui se revendique comme « le plus grand pôle aéronautique et spatial de France, voire d’Europe », prévoit une mise en avant de cinq « écosystèmes d’excellence » : les systèmes embarqués, les aérostructures et la mécanique, l’énergie, les données et les produits et services à l’industrie. « Les deux premiers sont déjà bien installés, estime Yann Barbaux. Les trois autres restent à structurer. »

 

L’ambition du pôle demeure la même. Il s’agit de « développer la compétitivité de nos adhérents par l’innovation », résume Yann Barbaux. « Notre territoire est le premier en Europe, et sans doute même le premier à l’échelle mondiale, en ce qui concerne l’industrie aéronautique et spatiale, mais aussi la capacité d’innovation liée à ce secteur, assure-t-il. Le pôle doit être le moteur de cet écosystème. Nous devons travailler à la fois sur la compétitivité industrielle, l’innovation, l’aviation “verte, l’autonomie des avions, les données, la transformation numérique et la sécurité. » D’un point de vue opérationnel, le pôle de compétitivité souhaite que soit mise en place une meilleure coordination avec les acteurs nationaux et internationaux du secteur. « Il faut s’organiser pour mieux exploiter les innovations qui sortent des laboratoires publics, par exemple », martèle Yann Barbaux, qui milite par ailleurs pour une meilleure visibilité à l’échelle européenne. « Et pas uniquement pour aller demander de l’argent à l’Europe, même si c’est important…, glisse-t-il. Nous devons aider nos adhérents à monter des partenariats obéissant à de véritables objectifs industriels. » Dans un contexte de concentration des acteurs de la supply chain, les PME ont-elles aujourd'hui toujours leur place dans l’écosystème régional ? « Il est vrai que certaines d’entre elles souffrent, reconnaît Yann Barbaux. Il est en effet devenu difficile d’être compétitif en France lorsque l’on est positionné sur des créneaux où le prix est au cœur des discussions. Même si, dans une certaine mesure, l’automatisation de la production peut permettre de s'adapter. Dans ces conditions, pour peser davantage, certaines entreprises ont tendance, c'est vrai, à se regrouper, afin d’atteindre la taille critique de l’ETI. Mais d’autres, en revanche, resteront petites et compétitives, car elles sont positionnées sur des niches de marché et misent sur une innovation de pointe. » Interrogé par La Lettre M sur la décision prise par Airbus d’abandonner le programme A380, Yann Barbaux estime que ses conséquences économiques devraient être « relativement faibles et tout à fait absorbables » par la supply chain régionale. « Il s’agit plus d’un coup au moral que d’un véritable coup dur, analyse-t-il. La cadence de ce programme était déjà faible. Et il ne portait plus forcément beaucoup d’innovation. En réalité, c’est plutôt un symbole qui disparaît. Celui d’un échec commercial, un peu comme le Concorde. »

Alexandre Léoty / leoty@lalettrem.net
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