Universités : la charge d’Anne Fraïsse (UM3) contre le gouvernement
Epinglés par l’Unef, premier syndicat étudiant, sur les dérives de certaines universités (sélection et frais d’inscription illégaux notamment), les présidents d’université réagissent dans Les Echos de ce jeudi 17 juillet, au premier rang desquels Anne Fraïsse, présidente de Montpellier 3. « L’Unef épingle des universités qui pratiquent une forme de sélection en première année en exigeant des prérequis dans certaines disciplines. Certes, c’est une façon de contourner la loi, mais ce n’est pas absurde de demander à un étudiant de connaître un instrument s’il entre en section musique ! Ou d’avoir un minimum de bagage pour suivre une section artistique. Sinon, l’étudiant va échouer. L’absence totale de prérequis ou de sélection est une hypocrisie », tranche la présidente.
« La situation n’est plus tenable »
D’après elle, « l’étudiant qui a 2 de moyenne en anglais peut s’inscrire en licence d’anglais. On frise l’absurde. Qu’un étudiant ayant un bac généraliste ou un bac L s’inscrive dans notre université (Arts, Lettres, Langues, et Sciences Humaines et Sociales), c’est normal. Mais que vient faire un étudiant avec un bac pro sur les métiers du froid ? C’est une hypocrisie sans nom. »
Pour Anne Fraïsse, le fait que le bac donne le droit de s’inscrire partout « n’est pas normal. Il faudrait se servir du bac en disant que tel bac et telle note donne accès à telle filière. Et ne pas utiliser le bac comme une porte ouverte pour entrer n’importe où et n’importe comment. On est étranglé par un système totalement obsolète qu’il faudrait réformer. La situation n’est plus tenable. À un moment, ça va exploser parce que, financièrement, on n’a plus les moyens d’accueillir tous les étudiants. Mais le ministère fait le sourd. Prendre en compte ce problème serait ne plus masquer le taux de chômage des jeunes et les difficultés de certains bacs. »










